3 min de lecture Justice

Marc Machin, de victime d'erreur judiciaire à délinquant multirécidiviste

Incarcéré à tort pendant six ans et demi pour un meurtre qu'il n'avait pas commis, Marc Machin a enchaîné les crimes et délits depuis sa libération. Il vient d'être placé en garde à vue pour viol.

Marc Machin a été placé en garde à vue dans une enquête pour viol (Archives)
Marc Machin a été placé en garde à vue dans une enquête pour viol (Archives) Crédit : AFP / PIERRE VERDY
Léa Stassinet
Léa Stassinet

Le nom de Marc Machin sera pour toujours associé à l'une des grandes erreurs judiciaires du XXIe siècle en France. Après 2.126 jours passés derrière les barreaux pour un meurtre qu'il n'avait pas commis, il avait finalement été acquitté par la justice en 2012. 663.320 euros lui avaient été versés en réparation du préjudice subi. Mais depuis sa sortie de prison, Marc Machin a accumulé les condamnations. Ce jeudi 17 mai, on a ainsi appris son placement en garde à vue dans une enquête pour viol. 

C'est en 2001 que le parcours judiciaire de cet homme commence. Le corps de Marie-Agnès Bedot, une mère de famille de 45 ans, est découvert sur le pont de Neuilly, lacéré de plusieurs coups de couteau. Un témoignage met en cause Marc Machin, 19 ans, enfant de la Ddass au passé difficile, qui dispose déjà d'un casier judiciaire bien rempli : vols, violences avec armes et deux agressions sexuelles. 

Sous la pression, il avoue avant de se rétracter

S'il commence par nier les faits, son alibi s'écroule, avant qu'un témoin ne l'identifie formellement derrière une glace sans tain. Marc Machin, sous pression, finit par craquer et avouer, avant de réitérer ses aveux devant un juge d'instruction. Placé en détention à Nanterre, le jeune homme reprend ses esprits et ne cesse alors de clamer son innocence. Sa parole n'est pas entendue. 

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Jusqu'au 4 mars 2008. Ce jour-là, David Salagno, un SDF de 33 ans d'origine guinéenne décide de soulager sa conscience en avouant le meurtre de Marie-Agnès Bedot. S'il livre des détails troublants aux enquêteurs, sa culpabilité est finalement prouvée grâce à des traces ADN lui appartenant retrouvées sur le corps de la victime. Le 28 mars 2008, Rachida Dati, ministre de la Justice de l'époque, finit par saisir la commission de révision des condamnations pénales. 

Libéré et aussitôt réincarcéré

Mais la justice décide de libérer Marc Machin six mois plus tard, le 7 octobre 2008. C'était sans compter sur un coup de sang du détenu quelques jours plus tôt, qui l'a conduit à agresser un surveillant pénitentiaire. Il est tout de suite condamné à 4 mois de prison ferme. À sa sortie, il ne reste libre que quelques mois, avant d'être interpellé le 15 juin 2009 pour trois agressions sexuelles, dont deux sur mineures. Il est directement placé en détention provisoire. 

Pour ces faits, il est condamné le 18 mai 2010 à 3 ans de prison ferme assorti de cinq ans de suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. Bénéficiant d'une libération conditionnelle en décembre 2011, il est de nouveau incarcéré en janvier 2012 pour non respect de ses obligations de suivi

Acquitté en décembre 2012

Un mois plus tard, David Sagno est reconnu coupable du meurtre de Marie-Agnès Bedot, ainsi que du viol et du meurtre de Maria-Judith Araujo, qu'il avait également avoué. La justice le condamne à 30 ans de prison. Un verdict qui va dans le sens d'un acquittement de Marc Machin. Celui-ci est finalement prononcé à l'issue de son procès en révision, en décembre 2012. 

Si certains pensaient son calvaire terminé avec la justice, Marc Machin a finalement écopé de six mois de prison avec sursis pour recel de vol et violences, avant de retourner en détention quelques temps en 2016, pour s'être à nouveau soustrait à ses obligations liées à certaines de ces condamnations. 

À nouveau visé par une enquête pour viol

Marc Machin n'avait plus fait parler de lui jusqu'à ce jeudi 17 mai. L'homme a ainsi été interpellé dans le cadre d'une enquête ouverte pour viol sous la menace d'une arme, vol avec arme et escroquerie. Selon le Point, qui a révélé l'information, Marc Machin, âgé aujourd'hui de 33 ans, est mis en cause pour un viol commis le 24 avril dans le 11e arrondissement de Paris. Il aurait forcé la victime à des relations sexuelles avant de la contraindre à effacer les traces de son crime et de dérober sa carte bleue. 

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2018-05-18 15:31:26
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