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Une photo montre une balance symbolisant la justice.
Crédit : Philippe HUGUEN / AFP
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Six suspects parmi lesquels un mineur ont été mis en examen mercredi 11 février à Paris, soupçonnés d'être impliqués dans le rapt et la séquestration d'une magistrate grenobloise, sur fond de multiplication des affaires de demandes de rançons en cryptomonnaies.
Au moins quatre d'entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que deux autres attendaient encore mercredi soir de comparaître devant un juge des libertés et de la détention. Dans le box, l'un des suspects, cheveux bouclés et barbe éparse, est apparu vêtu d'un sweatshirt bleu aux rayures orange, tenant sa tête dans les mains, a pu constater une journaliste de l'AFP, avant que le juge des libertés et de la détention ne prononce le huis clos. Dans un autre box, une autre mise en cause, sweatshirt noir et le regard allongé par un maquillage tout aussi noir, a timidement souri.
Ces cinq jeunes hommes parmi lesquels un mineur, et la jeune femme, ont été interpellés le weekend dernier. Deux suspects ont été arrêtés en Savoie samedi soir alors qu'ils tentaient de prendre un bus pour l'Espagne, selon une source proche du dossier.
Les deux victimes, âgées de 35 et 67 ans, ont été retrouvées blessées vendredi dans un garage dans la Drôme après avoir été séquestrées pendant une trentaine d'heures. "Elles ont pu profiter de l'absence de leurs ravisseurs pour se détacher" et appeler de l'aide en tapant contre la porte du garage où elles étaient enfermées, à Bourg-lès-Valence, avait détaillé vendredi le procureur de Lyon, Thierry Dran, qui dirigeait alors l'enquête.
"Alerté par le bruit, un voisin est alors intervenu. Il a pu ouvrir la porte et ainsi permettre à nos deux victimes de s'échapper", avait-il ajouté. La magistrate, qui exerce à Grenoble, avait été enlevée jeudi vers 2h50 à son domicile de Saint-Martin-le-Vinoux (Isère), près de Grenoble, avec sa mère.
Son compagnon, "associé dans une start-up qui a des activités de cryptomonnaies", était absent lors du rapt. Il a prévenu la police vers 9h30 jeudi après avoir reçu un message des ravisseurs, menaçant de mutiler les victimes si un versement de rançon en cryptomonnaies n'était pas rapidement effectué", selon Thierry Dran, qui a refusé de préciser le montant demandé. Aucune rançon n'a été versée, avait-il ajouté.
Du fait de la "particulière gravité" des faits, le parquet national anticriminalitée organisée s'est saisi mercredi de l'affaire. "À ce stade, il n'a pas été mis en évidence de lien avec la profession de l'une des victimes dans les motivations de la commission des faits", a précisé la cheffe du Pnaco dans un communiqué.
Précisément, les six suspects ont été mis en examen notamment pour "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage pour obtenir l'exécution d'un ordre ou d'une condition en bande organisée" et pour association malfaiteurs criminelle aggravée par la commission en bande organisée.
"Ces investigations, qui vont se poursuivre, auront notamment pour but d'établir d'éventuels liens avec les précédentes procédures relatives à des extorsions de crypto actifs dont s'est récemment saisi le Pnaco", a-t-elle poursuivi, listant notamment "les faits commis à Dompierre-sur-Mer, La Chapelle-Saint-Aubin, Saint-Léger-sous-Cholet, Sallanches, Puteaux, Verneuil et Challes-les-Eaux entre le 4 novembre 2025 et le 14 janvier 2026".
Les enlèvements, parfois spectaculaires, contre demande de rançon ou vols de cryptomonnaies se sont multipliés depuis début 2025 dans toute la France, parallèlement à la popularité de ces actifs.
La série noire des enlèvements a commencé en janvier 2025 avec le rapt du cofondateur de Ledger (start-up de portefeuilles de cryptomonnaies), David Balland, et de sa compagne. Ce dernier, dont le doigt avait été sectionné par les malfaiteurs, avait été libéré grâce à un assaut du GIGN, tandis que sa compagne avait été retrouvée ligotée dans un véhicule par les gendarmes. Six hommes et une femme avaient été mis en examen dans la foulée, tandis que le commanditaire présumé a été mis en examen en avril et écroué.
Le 1er mai, en plein Paris, le père d'un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies avait également été enlevé par quatre hommes encagoulés. Il s'en était suivi 58 heures d'angoisse pour la famille et de calvaire pour l'otage dont un doigt a été sectionné, au terme d'un premier ultimatum fixé par les ravisseurs qui réclamaient une rançon de plusieurs millions d'euros en cryptomonnaies. L'homme avait finalement été libéré par la police.
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