2 min de lecture Jihad

Terrorisme : un cyberjihadiste risque 8 ans de prison

Le parquet de la cour d'appel de Paris a requis 8 ans de détention contre ce Tunisien de 37 ans. Il se présentait comme l'administrateur du "plus grand forum jihadiste du monde."

Un ordinateur (illustration)
Un ordinateur (illustration) Crédit : istock
Emeline Le Naour

Nabil Amdouni, se présentait comme l'administrateur du "plus grand forum jihadiste du monde", lié à Al-Qaïda. Lundi 29 février, huit ans de prison ont été requis en appel à Paris contre ce Tunisien de 37 ans. La police avait interpellé le jeune homme à son domicile en 2012 à Toulon. L'avocat général a également assorti sa demande d'une peine de sûreté des deux tiers lors de son réquisitoire : "Nabil Amdouni nous dit que du musulman radical qu'il était, il est devenu un musulman tolérant avec une toute nouvelle vision de sa religion", a ironisé le magistrat, mais ces propos ne doivent pas nous faire oublier ce qu'il a fait." 

En première instance, le procureur avait déjà requis une interdiction définitive du territoire français contre celui qu'il avait qualifié "d'un des maîtres du jeu d'un autre jihad, le jihad médiatique". Nabil Amdouni, avait été arrêté en juillet 2012 à Toulon, où il vivait avec son épouse et leurs deux enfants d'après les informations de France 3 Provence-Alpes.

Un maître du jihad médiatique

Le procureur à propos de Nabil Amdouni
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Les services de renseignement l'avaient identifié depuis environ un an comme administrateur du site "Choumoukh al-islam", "le plus grand forum jihadiste du monde", selon les propres mots de l'accusé. Il avait créé ce site hébergé sur un serveur en Malaisie, en juin 2007, après avoir gravi les échelons hiérarchiques. Le site avait reçu l'agrément d'Al-Fajr, la branche médiatique d'Al-Qaïda.

Un nombre important de messages situés dans la partie privée des forums étaient cryptés et le site était en lien régulier avec Al-Qaïda dans la péninsule arabique ainsi qu'Al-Qaïda au Maghreb islamique. Dans ces messages des détails sur des cibles potentielles de l'organisation ont été transmis ainsi que des informations sur la fabrication d'explosifs, ou des revendications d'enlèvement. Des filières de recrutement ou de financement étaient également promues, mais le Nabil Amdouni a affirmé avoir aidé "seulement deux" candidats jihadistes à partir au Yémen.

"Je me condamne moi-même. J'ai fait des choses immorales."

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"Je me condamne moi-même. J'ai fait des choses immorales. Je le sais maintenant", a reconnu Nabil Amdouni à la barre. L'homme n'a jamais nié les faits au cours de ses deux procès. "Il y a autre chose à faire que la prison pour mon client", a plaidé son avocat Me Éric Bourlion, montrant un rapport de la maison d'arrêt d'Osny située dans le Val d'Oise qui démontre que son client a changé. 

Pour l'avocat, expulser son client "vers la Tunisie est contre notre intérêt car après quatre années de déradicalisation en maison d'arrêt, on pourrait espérer un retour sur investissement". Le verdict de la cour d'appel de Paris sera connu le 5 avril.

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