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"L'étrangleur de Strasbourg" condamné à la perpétuité 30 ans après ses crimes

Nicolas Charbonnier a tué une adolescente de 17 ans, puis violé et presque étranglé une fillette de 10 ans en 1986.

Nicolas Charbonnier a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité
Nicolas Charbonnier a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité
Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Michael Ducousso & AFP

Il a échappé à la justice pendant 30 ans, mais ce mercredi 23 mars, Nicolas Charbonnier, "l'étrangleur de Strasbourg", a enfin été condamné. Après avoir tué une adolescente de 17 ans dans son sommeil et violé et quasiment étranglé une fillette de 10 ans en 1986, l'homme a écopé d'une peine de réclusion criminelle à perpétuité. La cour d'assises du Bas-Rhin a assorti cette peine d'une période de sûreté de 15 ans. 

Nicolas Charbonnier, 53 ans, n'avait été attrapé qu'en 2013, grâce à l'analyse d'une empreinte de sa main laissée sur le lieu d'un de ses crimes. Après toute ce temps à fuir la justice, son avocat assure qu'il était prêt à rendre des comptes. Il "s'attendait à une peine de cette nature, exemplaire", explique Me Éric Braun. "Je ne suis pas sûr qu'il fera appel, car il était sincère quand il disait qu'il voulait payer" pour ses actes. L'accusé lui-même a confié aux jurés : "Je hais le jeune homme que j'ai été il y a 30 ans, c'est vraiment un énorme gâchis."

Jugé pour viol, meurtre et actes de barbarie

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, après cinq jours d'audience, Nicolas Charbonnier a demandé "sincèrement pardon" à ses victimes et à leurs familles, même si c'était "bien sûr impossible". Impossible, car comme l'a rappelé l'avocat général Laurent Guy durant ses réquisitions, l'homme a commis des "crimes pervers" mus par une "pulsion abjecte" et un "égoïsme sans borne".

L'une des victimes, Marion V., a été étranglée et violée à l'âge de 10 ans, puis laissée pour morte par son agresseur. Elle a survécu, "mais à quel prix !", s'est exclamé l'avocat général, en évoquant les cauchemars quotidiens que la victime. Aujourd'hui quadragénaire, elle est venue raconter son calvaire à la barre. Pour Marion, sa sœur et sa mère, "c'est un soulagement de se dire qu'avec ce verdict on est arrivé au bout d'un très long parcours, peut-être que maintenant elles peuvent commencer à tourner la page", a dit leur avocat, Me Yannick Pheulpin.

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La famille de Martine R. est elle aussi soulagée de voir son meurtrier enfin condamné. La jeune fille de 17 ans avait été tuée tout près de sa sœur Patricia qui dormait dans la chambre adjacente. Nicolas Charbonnier l'avait dénudée et lui avait coupé des poils pubiens. De véritables "actes de barbarie", selon la cour. Dans le cas contraire, le crime aurait été prescrit. "C'est un grand soulagement, car Martine est restituée dans son statut de victime. La famille était bouleversée à l'idée qu'il n'y ait pas de suite", a commenté son avocate, Me Fabienne Herdly-Klopfenstein. 

Le meurtrier devenu bon père de famille

Dès le début du procès, l'accusé avait reconnu avoir commis "l'horreur" : il a affirmé s'être introduit chez ses victimes dans le but de les cambrioler, mais sans pouvoir expliquer pourquoi il avait ensuite cédé à des pulsions sexuelles et meurtrières. Il a aussi jugé "ignobles" et "intolérables" les appels téléphoniques anonymes dans lesquels, se faisant passer pour "Zorro", il avait nargué les parents de la petite Marion peu après les faits.
 
"Le Charbonnier d'hier n'est pas le Charbonnier d'aujourd'hui", avait plaidé son autre avocate, Me Caroline Bolla. Elle a tenté de lui éviter la perpétuité car "il n'est plus dangereux pour la société". L'ancien militaire a en effet refait sa vie dans la région bordelaise, devenant tour à tour déménageur, employé de banque ou vendeur en intérim. Il avait vécu 17 ans avec une femme dont il a eu une fille, aujourd'hui âgée de dix ans. "Si Nicolas Charbonnier a vendu son âme au diable pendant une période de sa vie, il l'a reprise ensuite, et depuis longtemps", a assuré Me Bolla, rappelant qu'il avait eu "une vie totalement normale après la commission des faits". Mais comme l'a commenté Me Braun, "la cour d'assises a prononcé la peine la plus exemplaire, car manifestement les 30 ans de son existence normale n'ont pas effacé l'horreur des actes qu'il a commis".

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