3 min de lecture Crime

L'affaire Jean-Marie Deveaux : histoire d'une erreur judiciaire

REPLAY - Le 7 juillet 1961 à Bron Parilly, dans la banlieue de Lyon, on retrouve dans une cave le corps d’une petite fille de 7 ans Dominique Bessard. Aussitôt les soupçons se portent sur Jean-Marie Deveaux, le jeune apprenti boucher des parents de la petite fille.

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L'affaire Deveaux Crédit Média : Jacques Pradel | Durée : | Date : La page de l'émission
Jacques Pradel
Jacques Pradel et Charlotte Meritan

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L'édito de Jacques Pradel

A la Une de l’heure du crime, l’histoire d’une erreur judiciaire, qui a valu à un jeune homme accusé à tort, huit longues années de prison avant d’être reconnu innocent

Le 7 juillet 1961, Jean-Marie Deveaux avait tout juste 19 ans. Il travaillait comme commis dans une boucherie de Bron-Parilly, dans la banlieue de Lyon. Ce jour-là, on découvre dans la cave de l’immeuble, le cadavre de la petite Dominique Bessard, 8 ans, la fille de ses patrons. Elle a été égorgée et éventrée !

Jean-Marie Deveaux est aussitôt soupçonné par les enquêteurs. En garde à vue, il avoue son crime, puis se rétracte. Mais la machine judiciaire est lancée.

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Après une enquête bâclée, qui ne suit aucune autre piste, Jean-Marie Devaux est condamné en 1963, à 20 ans de réclusion, par la cour d’assises du Rhône.

Deux hommes croient cependant à son innocence : un jésuite visiteur de prison, le père Boyer, et son avocat, M° André Soulier, qui obtiendra la révision de son procès en 1969.

Dans un instant, nous revenons sur l’ensemble de cette affaire qui est une sorte de cas d’école de l’erreur judiciaire.

On comprendra mieux ensuite comment on fabrique un coupable mais aussi pourquoi le crime parfait n’est pas une légende !

L'apprenti-boucher accusé de meurtre

Le 7 juillet 1961, Dominique Bessard, une petite fille de sept ans, est retrouvée morte à Bron, dans la banlieue lyonnaise. L'enfant a été assassinée dans une cave, frappée de plusieurs coups de couteau et égorgée

Loin d'être soupçonné par la police au tout début de l'enquête, le jeune apprenti boucher des parents de la fillette, Jean-Marie Deveaux, va finalement devenir le coupable idéal. La raison ? Le jeune homme, qui, selon ses dires, n'en pouvait plus de se sentir accusé par les gens du village, a simulé sa propre agression dans la même cave où Dominique a été tuée. Aussitôt démasqué, il est alors le suspect n°1 du meurtre. 

Après avoir été menacé par les policiers d'être soumis à un sérum de vérité - lui qui avait peur des piqûres - Jean-Marie Deveaux avoue les faits. Puis se rétracte, quelques jours plus tard. Cela n'empêche pourtant pas la police de boucler l'enquête, sans explorer d'autres pistes, et la justice de mettre en oeuvre le procès de l'apprenti-boucher. 

Ce dernier est condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Mais pendant de nombreuses années, il continue de clamer son innocence à l'aide de son avocat, Maître André Soulier, et d'un jésuite visiteur de prison qui l'a pris sous son aile, le père Boyer.

Après une tentative de suicide, plusieurs grèves de la faim, deux tentatives ratées de pourvoi en cassation, le procès de Deveaux est finalement révisé. L'homme va être rejugé devant la cour d'assises de la Côte d'Or. 

Le 27 septembre 1969, après 35 minutes de délibérations, Jean-Marie Deveaux est acquitté, puis indemnisé à hauteur de 125 000 francs

Nos invités

Me Dominique Inchauspé, avocat au barreau de Paris. Auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la justice pénale, dont L'erreur Judiciaire et L'innocence judiciaire parus aux PUF en 2010 et 2012. ; Me André Soulier, avocat de Jean-Marie Deveaux ; Robert Daranc, ancien correspondant RTL à Lyon, il a été l'un des premiers journalistes sur les lieux. Auteur du livre C'était chouette (Ed des Traboules – mars 2012) dans lequel il revient notamment sur cette affaire.

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