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Le ministère de la Culture, à Paris, en 2007
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
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Dans une affaire qui secoue le ministère de la Culture, Christian Nègre, ancien DRH, est accusé d'avoir drogué près de 250 femmes pour les observer dans des situations humiliantes. Le parquet de Paris a lancé un appel à d'éventuelles autres victimes, espérant finaliser l'instruction débutée en 2019.
Invitée sur RTL jeudi 5 février, Sylvie Delezenne, l'une des victimes présumées, a partagé ce qu'elle a vécu, il y a dix ans lors d'une entretien d'embauche au ministère de la Culture mené par ce haut fonctionnaire. Rien ne laissait supposer les intentions de Christian Nègre lors de cette rencontre. Elle décrit un homme aimable, se comportant comme un "bon père de famille".
Je ne pouvais pas imaginer qu'à cet endroit-là, on pouvait mettre quelque chose dans mon gobelet.
Sylvie Delezenne, l'une des victimes présumées de Christian Nègre
Cependant, l'entretien a pris une tournure inquiétante après qu'il lui ait offert une boisson chaude. "Il a fait mine d'avoir oublié de me proposer une boisson et il s'est senti mal aimable. Et donc, nous sommes allés aux distributeurs dans les étages du ministère de la Culture chercher une boisson chaude", raconte-t-elle sur RTL.
"Il y avait vraiment du monde autour des distributeurs. Et à un moment, il a pris ma boisson dans le distributeur. Il s'est retourné pour saluer quelqu'un. Et puis, il m'a retendu mon gobelet. Je ne pouvais pas imaginer qu'à cet endroit-là, on pouvait mettre quelque chose dans mon gobelet", explique-t-elle.
Progressivement, elle a ressenti des symptômes étranges, tels que des palpitations et une envie pressante d'uriner, sans comprendre qu'elle avait été droguée. L'entretien s'est poursuivi dans les jardins du Palais-Royal, où les effets du diurétique se sont intensifiés. Malgré ses demandes pressantes, elle n'a pas pu trouver de toilettes à proximité.
C'était un moment compliqué, c'était douloureux.
Sylvie Delezenne, l'une des victimes présumées de Christian Nègre
Incapable de rejoindre des toilettes, Sylvie Delezenne a dû trouver un coin à l'abri des regards pour pouvoir uriner. "Je me suis faufilée sous cette passerelle. J'étais dans un endroit où je pouvais voir les gens arriver. Je me suis dit 'au pire, je me redresserai'. Je me suis accroupie et j'ai uriné", raconte-t-elle.
"Mon interlocuteur, qui était à distance, s'est rapproché de moi pendant que j'urinais, et il a enlevé sa veste pour faire style 'je vais vous cacher, je vais être très galant, je vais vous protéger, je vais vous cacher'. (...) C'était un moment compliqué, c'était douloureux, c'était anormal en fait. Et je ne savais pas comment gérer", confie-t-elle.
Quatre ans plus tard, Sylvie a été contactée par la police dans le cadre d'une enquête sur Christian Nègre. Elle a découvert qu'elle faisait partie d'une longue liste de victimes, consignée dans un fichier Excel. Choquée par cette révélation, elle a décidé de porter plainte, rejoignant les 181 femmes qui ont déjà pris cette décision.
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