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Henri Leclaire renvoyé aux assises : "J'ai une intime conviction", concède Patrick Dils

INVITÉ RTL - Patrick Dils se dit satisfait de la poursuite des investigations judiciaires dans cette affaire qui a plus de 30 ans.

Patrick Dils, le 19 mai 2007
Patrick Dils, le 19 mai 2007
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Henri Leclaire renvoyé aux assises : "J'ai une intime conviction", concède Patrick Dils
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Aymeric Parthonnaud & AFP

Trente ans après la mort de deux petits garçons à Montigny-lès-Metz, les juges d'instruction ont décidé mercredi 20 avril de renvoyer Henri Leclaire devant les assises, où il devrait partager le box de Francis Heaulme. Le procès des deux hommes pour le meurtre d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, deux garçonnets de 8 ans retrouvés le 28 septembre 1986 le crâne fracassé à coups de pierre, pourrait avoir lieu à l'automne. Mais l'avocat de Henri Leclaire, Me Thomas Hellenbrand, va "probablement interjeter appel de cette décision", ce qui pourrait rallonger les délais.

Une nouvelle qui satisfait un homme tout particulièrement : Patrick Dils. Il a passé 15 ans derrière les barreaux pour le meurtre de Montigny-lès-Metz avant d'être acquitté. "Je suis satisfait parce que la justice poursuit ses investigations", explique-t-il au micro de RTL. Patrick Dils ne sait pas encore s'il se rendra au tribunal pour suivre cet énième rebondissement judiciaire. "Pour moi c'est une histoire ancienne, ce n'est plus l'affaire Dils mais l'affaire de Montigny donc j’estime ne pas avoir ma place dans cette procédure", répond Patrick Dils.

Patrick Dils veut garder ses distances mais il admet avoir son idée sur l'affaire : "J'ai une intime conviction, ce sont des personnes qui - sans aucun jugement - ne sont pas étrangères à l'histoire mais c'est à la justice de dépatouiller le vrai du faux". Malgré l'erreur judiciaire dont il a été victime, Patrick Dils ne rejette pas l'institution qui l'a placé des années en cellule. "Je ne fais plus une confiance aveugle (à la justice, ndlr) mais je garde une certaine confiance, malgré tout." J'espère qu'au bout de ce procès, on saura, ils (les proches des victimes) sauront (...) et qu'ils pourront faire leur deuil.

Aveux et rétractations

Henri Leclaire, un ex-manutentionnaire de 67 ans, est mis en examen et sous contrôle judiciaire depuis août 2014. Simple témoin au procès de l'ancien suspect numéro 1, Francis Heaulme, il a basculé du côté des suspects après le témoignage de dernière minute de Marie-Christine Blindauer, une clerc d'avocat de 51 ans. Alors qu'il lui livrait des courses en 2012, Henri Leclaire aurait évoqué l'affaire de Montigny, avait-elle affirmé à la cour. "Il s'était ensuite mis à crier et gesticuler comme s'il se trouvait devant les gosses", puis il avait raconté les avoir attrapés, mais "répété qu'il ne les avait pas tués". Ces déclarations avaient mis un terme au procès Heaulme et reposé la question de la culpabilité de ce manutentionnaire, interrogé dès 1986 et qui avait raconté aux enquêteurs avoir l'habitude de houspiller les enfants qui traînaient autour du talus. 
Très vite, Henri Leclaire avait surtout avoué le double meurtre, avant de revenir sur ses dires. Des aveux qui ne valent rien, selon son avocat. 
                           
"Je dis depuis longtemps qu'il faut expurger le dossier de toutes ces pièces de procédures qui ont amené à la plus grosse erreur judiciaire du XXe siècle", a réagi Me Hellenbrand, en allusion au premier accusé de cette affaire, Patrick Dils, innocenté après 15 années passées en prison. Mineur au moment des faits, Patrick Dils lui aussi avait fait des aveux. "Dans les mêmes conditions, obtenues du temps de l'ancienne justice, celle qui ne permettait pas aux avocats d'être présents en garde à vue, et laissait libre cours à des enquêteurs plus ou moins qualifiés qui faisaient ensuite tenir des dossiers sur de fausses déclarations", selon Me Hellenbrand. 
Le seul à n'avoir jamais rien avoué dans ce dossier reste Francis Heaulme, dont le sort reste inchangé: il est toujours mis en examen et sera jugé, dans le même box que Henri Leclaire. Sa présence près de la scène du crime avait été tardivement attestée : il avait fallu attendre la reconnaissance de l'innocence de Patrick Dils et la réouverture de l'enquête pour établir que le "routard du crime" était dans les parages le 28 septembre 1986. 

À écouter aussi

Déjà condamné sept fois pour neuf meurtres, dont deux fois à la perpétuité, Francis Heaulme a pourtant toujours nié le meurtre de Montigny. Lors de son procès au printemps 2014, il avait même soutenu avoir aperçu Henri Leclaire en train de descendre le talus en courant, les vêtements ensanglantés. Près de 30 ans après, alors que la justice cherche encore le coupable du double meurtre d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, l'avocate de l'une des mères, Me Dominique Boh-Petit, espère une chose : que le procès des deux hommes n'ait pas lieu à la date anniversaire.

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