3 min de lecture
Le procureur de la République antiterroriste Olivier Christen devant la presse, le 26 octobre 2026.
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
Le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, a pris la parole jeudi 29 octobre, six jours après l'attentat raciste dans les Yvelines qui a fait un mort et sept blessés, pour détailler de nouveaux éléments établis autour du suspect Kévin T., 39 ans, lors d'une conférence de presse au tribunal judiciaire de Paris. Celui-ci a été transféré dans la nuit en vue de son éventuelle mise en examen par un juge d'instruction.
Vendredi matin, à bord de sa voiture, cet habitant des Yvelines, inconnu des services de renseignement, a abattu un Français de 26 ans originaire de la République démocratique du Congo, Pengo Bossio Wangi, et a blessé sept autres personnes, dont plusieurs d'origine africaine ou maghrébine, à Trappes et La Verrière.
Trois sont toujours hospitalisées, dont une ayant son pronostic vital toujours engagé. Celui de la fille de 11 ans, grièvement blessée, ne l'est plus depuis dimanche. Au total, "111 victimes ou témoins" ont été entendus à ce stade de l'enquête, qui a mobilisé pas moins de 200 personnes, dixit le patron du Pnat.
L'attentat a créé une onde de choc en France et enflammé le débat politique. Plusieurs rassemblements ont eu lieu, en région parisienne notamment, en soutien aux victimes et pour "dénoncer la banalisation de la haine raciste". Un "hommage national", présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, sera rendu prochainement, alors qu'une cellule d'urgence est toujours active à la mairie de Trappes après avoir reçu 132 individus.
Kévin T. a reconnu la "préméditation" de son geste face aux enquêteurs. "Il admettait avoir spécifiquement ciblé des personnes 'de type musulman ou africain, nord-africain', et choisit le lieu de son action, car je cite : 'Trappes est un repère d'islamistes'", a expliqué Olivier Christen, qui parle d'une "très grande préparation".
Dès septembre, il avait fait l'acquisition de plusieurs éléments pour "renforcer l'efficacité tactique" de sa mitraillette, d'un brassard de police ou encore de menottes, a-t-il encore ajouté. Lors de la perquisition effectuée chez lui, des "armes" ou des "éléments d'armes" - "un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux" - ont été retrouvés.
Le procureur antiterroriste a également expliqué qu'un Coran, une Bible et un exemplaire de Mein Kampf ont été découverts. Tout comme des autocollants, dont une trentaine "portant la mention : 'Vive la France, RN, fier d'être Français'", 99 avec l'inscription "100% Français, vive la France" et 98 avec "Soutien aux forces de l'ordre". Kévin T. assure avoir lui-même dessiné ces autocollants et les avoir commandés en ligne, tout en affirmant avoir "infiltré les gauchistes" au sujet de sa présence à des événements de l'association France-Palestine. Pour autant, il a précisé "n'être adhérent ou sympathisant d'aucun parti politique".
Enfin, l'homme de 39 ans avait remboursé des dettes familiales, supprimé ses réseaux sociaux, revendu son ordinateur et dissimulé son téléphone portable, avant de passer à l'acte.
Lors de ses échanges avec les enquêteurs, Kévin T. avait fait état de "problèmes psychologiques et psychiatriques", couplés à une forte consommation de stupéfiants depuis son adolescence. Selon le procureur, on a effectivement retrouvé des "molécules" compatibles avec un tel traitement - qui lui était prescrit - dans son sang après les expertises toxicologiques.
Pour autant, "l'examen psychiatrique réalisé par le médecin de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris concluait que Kévin T. ne présentait pas les signes cliniques d'une pathologie psychiatrique aliénante décompensée pouvant justifier une hospitalisation sous contrainte".
Ainsi, "selon le médecin, qui qualifiait de légère la posologie du médicament qu'il prenait quotidiennement, le diagnostic de schizophrénie, allégué par Kévin T, était davantage une interprétation de l'intéressé qu'une conclusion médicale".
Lors de sa garde à vue, Kévin T. a été entendu à six reprises et a assuré n'éprouver "aucun regret" après une attaque qu'il considérait comme "légitime", selon les mots du procureur antiterroriste. Et ce, tout en contestant "toute intention terroriste" et le fait d'avoir voulu tuer des enfants.
Le suspect doit néanmoins être présenté à des juges dans la journée, sachant que son placement en détention provisoire a été requis par le Pnat. "Les investigations vont désormais se poursuivre, sous la direction de trois juges d'instruction antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris", a précisé le procureur.
Le Pnat a ouvert une information judiciaire des chefs d'"assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" avec comme circonstance "qu'ils ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée", conclu le procureur.
À noter que le fond de garantie des victimes du terrorisme a été saisi par le parquet antiterroriste.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte