2 min de lecture Justice

Essai clinique mortel à Rennes : une nouvelle enquête ouverte

Deux mois avant la mort de Guillaume Molinet en janvier 2016, un autre volontaire avait également subi un AVC auquel il a survécu. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.

Le laboratoire Biotrial à Rennes
Le laboratoire Biotrial à Rennes Crédit : David Vincent/AP/SIPA
Emeline Le Naour et AFP

Nouveau rebondissement judiciaire dans l'affaire des essais cliniques Biotrial. qui ont provoqué la mort d'un volontaire, Guillaume Molinet en janvier dernier. Le Parquet de Paris a ouvert une nouvelle enquête judiciaire sur les causes de l'AVC d'un autre volontaire qui avait participé à un programme de l'essai clinique de Rennes. Comme l'a révélé lundi 9 janvier Le Figaro, le pôle de santé publique du parquet de Paris a ouvert en août 2016, sur ce cas d'AVC, une enquête préliminaire pour "blessures involontaires", distincte de l'instruction menée actuellement par des juges sur les circonstances de l'essai clinique de Rennes. 

Guillaume Molinet, un volontaire de 49 ans, était décédé le 17 janvier 2016 quelques jours après avoir débuté l'essai clinique du BIA 10-2474, une molécule du laboratoire portugais Bial censée soulager douleur et anxiété. Cinq autres volontaires, participant à cet essai conduit par la société Biotrial, avaient été hospitalisés au CHU de Rennes, quatre d'entre eux présentaient des lésions cérébrales.  Après une enquête préliminaire, le Parquet avait ouvert en juin une information judiciaire pour "homicide involontaire" et "blessures involontaires" confiée à des juges d'instruction. À ce stade, aucune mise en examen n'est intervenue dans cette enquête.

Conclusions alarmantes d'un IRM

Comme d'autres volontaires concernés par l'essai avec la molécule de Bial, il avait passé une IRM cérébrale préventive administrée à la demande de Biotrial après le drame de janvier 2016. L'examen avait mis en évidence des lésions en lien avec un "accident cardiovasculaire non récent", sans pouvoir toutefois le dater, selon une source proche de l'enquête. Une analyse réfutée par ce plaignant et sa défense, qui faisaient valoir que son AVC était une cause directe de l'essai clinique

Sa demande de constitution partie civile dans l'information judiciaire avait été rejetée par les juges d'instruction, conformément aux réquisitions du parquet, qui avait toutefois ouvert une enquête pour déterminer si cet accident cardiovasculaire pouvait être lié à la prise de la molécule BIA 10-2474 et être daté dans le temps, selon la source judiciaire. Les investigations ont été confiées à la direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes.  

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