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Le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz, lors d'une conférence de presse au tribunal de Mulhouse, le 15 avril 2026
Crédit : AFP
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C'est une affaire qui dépasse l'entendement. Un petit garçon de 9 ans a été retrouvé nu et dénutri sur un tas de déchets, lundi 6 avril au soir, dans une camionnette stationnée à Hagenbach dans le Haut-Rhin. Son père qui en avait la garde exclusive et sa compagne ont été mis en examen, une semaine après la sordide découverte.
L'homme de 43 ans a été incarcéré ce lundi 13 avril et placé en détention provisoire pour une durée d'un an. Sa belle-mère a été laissée libre avec interdiction de se rendre dans le village. En parallèle, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé avoir diligenté une enquête administrative pour comprendre comment personne n'a pu s'apercevoir de la disparition du garçonnet.
Le procureur de Mulhouse est revenu sur l'affaire lors d'une conférence de presse ce mercredi 15 avril. Selon les dires de Nicolas Heitz, c'est une habitante du petit village alsacien qui a signalé la présence d'un enfant "enfermé dans une camionnette", à 21h05 lundi 6 avril. Les gendarmes se sont rendus sur place à 21h30 et n'ont obtenu aucune réponse venant de l'intérieur de l'habitacle.
Le propriétaire du véhicule disait "ne pas pouvoir l'ouvrir" en raison d'un "système défaillant". Les forces de l'ordre parviennent à son ouverture et découvrent l'enfant. L'homme est placé en garde à vue sur les coups de 22 heures.
D'après le magistrat, l'enfant, qui a eu 9 ans en mars dernier, a été directement transporté à l'hôpital de Mulhouse, au sein de l'unité d'accueil pédiatrique mineurs en danger (UAPED). Un examen a ensuite été mené par un médecin légiste. Selon les résultats, il a mis en évidence "une attitude recroquevillée de l'enfant avec position spontanée, genoux repliés contre le tronc, l'enfant déclarant ne pas pouvoir déplier les membres inférieurs, ni se mettre debout, ni même marcher".
Une "carence d'hygiène importante" a également été mise en évidence. Selon le procureur de Mulhouse, l'enfant ne s'est pas lavé depuis plus d'un an et demi. Le petit garçon a dit aux enquêteurs avoir pris sa dernière douche "à la fin de l'année 2024" et "avoir pu rentrer dans l'appartement au cours de l'été 2025 alors que les autres membres de la famille étaient en vacances".
L'examen pointe, par ailleurs, "l'absence de lésions traumatiques récentes, mais aussi, l'absence de lésion traumatique au niveau génital ou anal".
Le propriétaire du véhicule, le père du petit garçon, est un homme de 43 ans, qui vivait au premier étage de l'immeuble, avec sa compagne de 37 ans". "Il y résidait avec sa fille âgée de 12 ans ainsi qu'avec la fille de sa compagne âgée de 10 ans", précise le procureur de la République.
D'après le témoignage du petit garçon, ce dernier affirme avoir "de très mauvaises relations" avec sa belle-mère, celle-ci voulant qu'il aille dans un hôpital psychiatrique. Cette femme, qu'il qualifie de "méchante", était "sa pire ennemie". "Vu que mon père ne voulait pas que je finisse dans un hôpital, il a dû me mettre dans la camionnette", a-t-il dit face aux enquêteurs. Selon le garçon, son père "n'avait pas le choix".
Selon ses propos recueillis, il a été enfermé dans la camionnette "à la fin du mois de septembre 2024", alors qu'il n'avait que 7 ans, où il dormait sur un matelas. Son père lui apportait quotidiennement, deux fois par jours, de l'eau et de la nourriture froide. L'hiver, le jeune garçon a indiqué que son père "lui apportait de l'eau chaude et l'été de l'eau fraiche".
Au départ, il disposait d'un baluchon de vêtements mais son père "ne les lavait plus". "Il n'avait plus de pyjama", précise Nicolas Heitz. Il n'avait également plus de brosse à dent et devait uriner dans une bouteille vide. Quant à ses déchets, son père s'en occupait régulièrement.
Selon l'enquête de voisinage, et alors que personne n'avait signalé sa disparition, les témoins confirment que l'enfant a "disparu du jour au lendemain". Ils ont également confié avoir entendu des "bruits de dispute" à l'intérieur de l'appartement. "La requérante avait d'ailleurs déjà soupçonné la présence d'un enfant dans le véhicule", a précisé le procureur.
Les grands-parents de l'enfant ont affirmé qu'ils "ne voyaient plus leur petit-fils et ne l'avaient pas eu au téléphone depuis un certain temps, si ce n'est qu'ils l'avaient eu au téléphone pour son anniversaire en mars 2026".
L'entourage du couple, dont une des filles de sa belle-mère, a confié penser que l'enfant avait été placé en foyer ou en hôpital psychiatrique. Pourtant, "aucun des éléments médicaux n'étayaient la réalité des problèmes psychiatriques de l'enfant".
Le père, qui a entièrement reconnu les faits, fait l’objet d’une information judiciaire pour séquestration aggravée sur mineur et privation de soins. D’après le procureur, il risque jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.
De son côté, la belle-mère est poursuivie pour non-assistance à personne en danger. Elle encourt 7 ans de prison et a été placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre à Hagenbach et de contacter les trois mineurs. Elle nie les faits qui lui sont reprochés.
La suite des investigations devra notamment déterminer comment la disparition de l'enfant a pu passer hors des radars de l'éducation nationale, où une enquête administrative a été diligentée, mais aussi si d'autres personnes ont pu avoir connaissance de la situation de cet enfant.
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