2 min de lecture Justice

Dordogne : deux agents d'Enedis en garde à vue après une coupure sauvage d'électricité

Deux syndicalistes agents d'Enedis ont été placés en garde à vue après une coupure sauvage d'électricité en Dordogne, ce mercredi 22 janvier.

Des agents Enedis en Gironde, en janvier 2019.
Des agents Enedis en Gironde, en janvier 2019. Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Deux syndicalistes agents d'Enedis ont été interpellés et placés en garde à vue ce mercredi 22 janvier dans le cadre d'une enquête sur une coupure sauvage d'électricité, survenue le 10 janvier, dans une entreprise du département classée Seveso, a-t-on appris auprès du parquet et d'Enedis.

Les deux agents ont été placés en garde à vue dans la matinée à la gendarmerie de Neuvic dans le cadre d'une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui", a-t-on indiqué au parquet de Périgueux sans plus de précision, confirmant ainsi une information de nos confrères de Sud Ouest.

L'enquête faisait suite à une plainte déposée par l'entreprise Neuvic Interspray (qui conditionne des cosmétiques, aérosols, laques), après une coupure sauvage d'électricité qui avait duré trois heures le vendredi 10 janvier, selon Enedis. Outre l'entreprise, Enedis avait aussi déposé plainte.

Une nouvelle coupure en solidarité avec les agents

Les deux agents, membres de CGT-Energie, ont été interpellés pour l'un d'eux au moins à son domicile, a assuré à l'AFP Francis Dezile, secrétaire général de la CGT Energie-Dordogne.

À lire aussi
Harvey Weinstein le 24 février 2020 à New York États-Unis
Harvey Weinstein reconnu coupable d'agression sexuelle et de viol

Une soixantaine de personnes, syndicalistes CGT principalement mais FO aussi, étaient rassemblés en mi-journée mercredi devant la gendarmerie de Neuvic en soutien de leurs deux collègues, a-t-il dit. Il a ajouté qu'une nouvelle coupure avait été effectuée ce mercredi matin dans la même entreprise "en solidarité" avec les deux interpellés.

On est mis au même niveau que des voyous

Francis Dezile, secrétaire général de la CGT Energie-Dordogne
Partager la citation

Francis Dezile n'était pas en mesure de confirmer si ces gardes à vue étaient une première pour des coupures d'électricité, mais il a dénoncé un "sacré changement de méthode" et un traitement des syndicalistes "comme des délinquants". "C'est une réponse répressive au lieu d'une réponse politique à des questions sur la réforme des retraites", a-t-il déclaré. "On est mis au même niveau que des voyous, alors que nous sommes des salariés qui luttons contre cette réforme".

Le directeur régional d'Enedis pour l'Aquitaine nord (incluant la Dordogne), Thierry Gibert, a indiqué à l'AFP ne pas vouloir présager de l'enquête, mais sera "très attentif" aux résultats de celle-ci, et se réserve d'"engager des procédures disciplinaires qui peuvent aller jusqu'au licenciement", pour ce qu'il a qualifié de "faits graves".

34 plaintes depuis début décembre

Il a précisé que ce placement en garde à vue d'agents d'Enedis suite aux coupures récentes était une première sur le réseau Sud-Ouest, mais n'était pas en mesure de le confirmer au niveau national. 

Enedis, a réaffirmé Thierry Gibert "respecte bien sûr le droit de grève", mais condamne fermement des actes tels que des coupures sauvages, susceptibles de créer des situations de danger", et "portera plainte systématiquement". La direction régionale, qui couvre Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne, a ainsi déposé 34 plaintes depuis début décembre, a-t-il souligné.

Mardi lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Édouard Philippe a demandé que ces types d'actes soient "sanctionnés".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice Dordogne Energie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants