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Cette photo montre la ferme où travaillait Manon Relandeau, une mère de 31 ans portée disparue avec son bébé, à Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes, le 21 avril 2026.
Crédit : Fred TANNEAU / AFP
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La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a ordonné, mercredi 13 mai, la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Chorouk B., après plusieurs semaines de détention provisoire dans l'affaire de la disparition de Manon Relandeau.
La femme, une jeune Algérienne de 27 ans, avait été mise en examen le 23 avril pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime" et "modification des lieux d’un crime". Elle était soupçonnée d'avoir participé, volontairement ou non, à l'effacement d’indices au domicile du couple, à Saint-Etienne-de-Montluc, près de Nantes.
Son avocat, Me Kamel Derouiche, s'est félicité de cette décision, avec un dossier "fondé sur des suppositions". "La chambre de l'instruction considère que le contrôle judiciaire est suffisant à ce stade."
Chorouk B. avait été recrutée fin mars par Abdelkarim B., le compagnon de Manon Relandeau, aujourd'hui principal suspect dans cette affaire. Cet homme de 41 ans, déjà condamné avec sursis pour des violences sur une précédente compagne, est actuellement détenu en Algérie après avoir fui le 2 avril avec la fille du couple, âgée alors de 15 mois.
Selon l'avocat de la jeune femme, elle avait répondu à une annonce publiée sur Internet par Abdelkarim B. et n'avait commencé à travailler au domicile familial que le 27 mars, précisément le dernier jour où l'agricultrice de 31 ans a donné signe de vie, selon l'appel à témoins diffusé par la gendarmerie.
D'après Me Derouiche, sa cliente occupait un rôle classique de femme de ménage et d'aide à domicile. "Elle rangeait le garage, le logement, s'occupait de la vieille dame qui habitait là et parfois de la petite fille", explique-t-il à RTL. "Son employeur, c'était le principal suspect."
L'un des éléments centraux du dossier concerne le nettoyage du domicile, et notamment du garage, réalisé le 2 avril avant le départ d’Abdelkarim B. pour Alger. Un acte interprété par les enquêteurs comme une possible "modification de scène de crime".
Mais la défense rejette fermement cette analyse. "On lui reproche la modification d'une scène de crime parce qu'elle aurait fait le ménage dans le logement. Mais on ne peut pas reprocher à une femme de ménage de faire le ménage !", a lancé Me Derouiche à l’issue de l’audience à huis clos.
Selon lui, Chorouk B. n’avait "aucune connaissance" du projet de fuite du compagnon de Manon Relandeau et ne disposait d'"aucun élément qui lui permettait de se dire qu'un crime avait été commis. Au moment où elle travaille là-bas, c'est simplement une femme de ménage qui exécute les tâches demandées par son employeur".
La défense met également en avant le parcours personnel de la jeune femme. Titulaire d'un master obtenu en Algérie, Chorouk B. est arrivée en France en octobre 2025 pour se marier. Mais selon son avocat, elle a rapidement été victime de graves violences conjugales.
"Son compagnon lui a mis un couteau sous la gorge, l'a étranglée, tabassée. Elle a fini avec dix jours d'ITT", affirme Me Derouiche. Après cette séparation, la jeune femme se serait retrouvée sans ressources, hébergée par le Samu social et plongée dans une grande précarité. Pour l’avocat, cette situation explique pourquoi elle a accepté ce travail proposé par Abdelkarim B. "Pour elle, c'était simplement un moyen de s'en sortir."
Le conseil souligne également ce qu'il considère comme une incohérence dans le dossier : "Comment peut-on imaginer qu'une femme victime de violences conjugales le 9 mars participe à un féminicide le 27 mars ? Ça n'a aucun sens."
L'enquête sur la disparition de Manon Relandeau se poursuit activement. La jeune agricultrice, qui gérait un élevage bovin et une pension pour chevaux, n'a plus donné signe de vie depuis fin mars. Son entourage décrit un couple sous tension. Plusieurs proches ont rapporté aux enquêteurs qu'Abdelkarim B. se montrait jaloux, autoritaire et violent.
Manon Relandeau aurait confié à des amis vouloir quitter son compagnon et évoqué des violences psychologiques, verbales et physiques. Le 3 avril, elle devait rencontrer à Nantes l'association Citad'elles, spécialisée dans l'accompagnement des femmes victimes de violences. Elle ne s'y présentera jamais.
Autour de la propriété familiale de Saint-Etienne-de-Montluc, les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver sa trace. Plusieurs dizaines de militaires, des drones et des moyens aériens restent mobilisés. Dans ce dossier, un autre mis en examen, un chauffeur de taxi soupçonné d'avoir aidé Abdelkarim B. dans sa fuite, a lui aussi été remis en liberté le jeudi 7 mai.
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