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Dieudonné : Nantes et Orléans premiers tests pour la circulaire Valls

Les tribunaux administratifs de Nantes et Orléans se prononcent jeudi 9 janvier sur la tenue des spectacles de Dieudonné.

Manuel Valls.
Manuel Valls. Crédit : AFP
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et AFP

Les tribunaux administratifs de Nantes et Orléans se prononcent jeudi 9 janvier sur la tenue des spectacles de Dieudonné, premiers tests devant la justice de la circulaire de Manuel Valls qui vise à l'interdiction des représentations du polémiste condamné pour antisémitisme.

Le tribunal administratif de Nantes doit examiner à 10H30 le recours en référé déposé par l'avocat du polémiste contre un arrêté d'interdiction pris mardi par le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, du premier spectacle de la tournée, programmé jeudi soir à Nantes. Et deux audiences se succèderont dans l'après-midi à Orléans à partir de 15h30, pour examiner deux recours contre l'interdiction du spectacle prévu vendredi à Tours, déposés respectivement par un spectateur et par Dieudonné.

Premières décisions judiciaires


Il s'agira des premières décisions judiciaires liées à la circulaire du ministère de l'Intérieur, qui a préconisé lundi l'interdiction au cas par cas du spectacle "Le Mur", pour troubles à l'ordre public, alors que le polémiste a été condamné à plusieurs reprises pour ses propos antisémites. Outre le trouble à l'ordre public "classique", cette circulaire invoque "l'atteinte au respect de la dignité humaine" comme motif pouvant justifier l'interdiction d'une manifestation.

Me Jacques Verdier, qui a déposé le recours de Dieudonné contre l'interdiction de son spectacle nantais, a estimé que s'il gagnait "l'arrêté sera suspendu et le spectacle aura lieu". Il a précisé que si les juges donnaient raison à l'Etat, il déposerait un nouveau recours, cette fois devant le Conseil d'Etat "mais ce nouveau recours ne suspendrait pas l'interdiction". Une victoire de Dieudonné constituerait en revanche un sérieux revers pour le gouvernement, très engagé sur ce dossier.

Le Zénith de Nantes quasi-complet

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A Nantes, le spectacle programmé au Zénith affichait mercredi matin un taux de remplissage de près de 90%, 5.596 places ayant été vendues -à 43 euros- selon le responsable de cette salle, dont la capacité est de 6.300 spectateurs. Sur les réseaux sociaux, où Dieudonné trouve un soutien important, un appel à manifester au Zénith jeudi soir a été lancé. Mercredi après-midi, des jeunes achetaient encore leur place pour le spectacle dans la billetterie d'une grande surface non loin du Zénith.

Outre Nantes et Tours, des interdictions ont été annoncées cette semaine à Bordeaux et Orléans notamment. Cette question divise les Français: une faible majorité (52%) est favorable à l'interdiction mais 64% pensent que la mesure ne sera pas efficace pour lutter contre l'antisémitisme, selon un sondage CSA pour le site Atlantico.fr.

A l'appel de la Licra, une centaine de personnes ont formé un "cercle de vigilance" silencieux, mercredi soir au centre de Nantes, et distribué des tracts dénonçant l'antisémitisme des propos de Dieudonné. Plusieurs jeunes se sont mêlés aux interviews des représentants de la Licra pour défendre le polémiste, affirmant que son geste de "quenelle" n'était "qu'anti-système" et qu'il était "anti sioniste et non antisémite".

Les préfets "vigilants et inflexibles"


Mercredi, le tribunal administratif de Pau a rejeté le référé-liberté présenté par Dieudonné contre l'annulation de son spectacle à Biarritz, s'estimant incompétent. Ce spectacle avait toutefois été annulé en raison de travaux urgents à effectuer dans la salle prévue à Biarritz, un prétexte selon Dieudonné. Au niveau politique, François Hollande a demandé aux préfets "d'être vigilants et inflexibles" dans l'application de la circulaire du ministre de l'Intérieur.

Mercredi, la ministre de la Justice Christiane Taubira a estimé que l'affaire Dieudonné n'était "pas que judiciaire" mais aussi politique, soulignant que le polémiste "s'amuse avec un crime contre l'humanité". Le président de l'UMP Jean-François Copé a de son côté "assumé" d'avoir apporté son soutien à Manuel Valls "dans son action contre l'antisémitisme militant de M. Dieudonné".

Outre les recours contre les interdictions, les avocats de Dieudonné ont aussi saisi mardi la Cour de justice de la République pour des "accusations attentatoires à l'honneur et à la considération, tenues par" le ministre de l'Intérieur à son encontre, ont-ils affirmé, sans préciser lesquelles.

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