3 min de lecture
Cette photographie montre l'épave d'un avion léger Pilatus PC-6 après son crash à Tomblaine, près de Nancy, dans l'est de la France, le 28 juin 2026.
Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
Avec 11 morts, le crash survenu ce dimanche 28 juin près de Nancy est l'accident d'aviation générale le plus meurtrier jamais recensé en France, selon le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).
Vers 11h, l'appareil de type Pilatus, immatriculé en Allemagne, a décollé de l'aérodrome de Nancy-Essey avant de "tomber subitement", selon Laurent Nuñez. L'avion de parachutisme s'est écrasé à environ 300 mètres de la piste, sur une zone herbeuse, à proximité immédiate d'une zone résidentielle et de deux routes.
À bord se trouvaient cinq moniteurs, cinq élèves venus effectuer un baptême, ainsi que le pilote. Le drame, survenu sous les yeux de proches et de témoins, laisse encore de nombreuses questions. Les enquêteurs vont devoir déterminer ce qui a provoqué la chute de l'appareil : une panne moteur, un problème de commandes de vol, un déséquilibre à bord ou encore un malaise du pilote.
Première hypothèse sur la table : la panne technique. Pour Jean-Paul Troadec, ancien directeur du BEA, "s'il y a eu une panne, ça peut être une panne de moteur, le plus probable".
Les enquêteurs devront aussi vérifier, comme le souligne l'expert aéronautique Gérard Legauffre (cité par l'AFP), "si l'avion était en conformité technique" et s'il pouvait "réaliser le vol avec la cargaison qu'il avait".
Autre piste majeure : celle des commandes de vol. Gérard Legauffre relève que l'appareil "a l'air de partir en virage par la gauche et puis il percute pratiquement dans la foulée". Dès lors, ajoute-t-il, "il va falloir regarder si toutes les commandes de vol répondent de façon optimale".
L'analyse de la trajectoire sera un point clé de l'enquête. "Le transpondeur de l'avion émet des signaux, c'est capté par un radar à proximité qui donne une première trajectoire", explique-t-il, tout en prévenant que "la trajectoire ne donne pas tout."
Dans le même registre technique, une autre hypothèse a été évoquée sur LCI par le général Michel Yakovleff, ancien vice-chef d'État-major du SHAPE de l'Otan, qui dit bien connaître ce type d'appareil pour avoir effectué "à peu près 2.500" sauts depuis un Pilatus.
Selon lui, "l'hypothèse la plus plausible" serait "un défaut de calage du plan arrière", c'est-à-dire des surfaces situées à l'arrière de l'avion, qui aurait pu faire cabrer l'appareil juste après le décollage avant sa chute. Sur LCI, il décrit le Pilatus comme "un excellent avion, très fiable", mais aussi comme un appareil "assez particulier à piloter".
Les enquêteurs examineront aussi l'hypothèse d'un déséquilibre de l'appareil. Dans ce type de vol, la répartition des passagers est déterminante, surtout au décollage. Jean-Paul Troadec évoque la possibilité d'un déplacement vers l'arrière de l'avion, qui aurait pu modifier son centrage et compromettre sa stabilité dans les premières secondes du vol.
L'état du pilote fera également partie des vérifications. Jean-Paul Troadec cite aussi l'hypothèse d'un malaise, "qu'on va certainement examiner parce qu'il faisait très chaud". À ce stade, aucune piste n'est privilégiée, mais toutes devront être confrontées aux constatations techniques et médico-légales.
Pour avancer, les enquêteurs devront peut-être se passer de boîte noire. "L'enregistreur qui sert aux analyses d'accidents", communément appelé boîte noire, "n'est pas obligatoire sur ce type d'avion", rappelle Jean-Paul Troadec. Il ajoute toutefois qu'il arrive que certains pilotes installent eux-mêmes des enregistreurs.
À défaut, les spécialistes miseront sur d'autres éléments, notamment les vidéos. "Les gens qui sont à bord des avions, souvent, se filment. Ils filment le pilote, ils filment le paysage. Et tout cela donne des informations très intéressantes", souligne l'ancien patron du BEA. Comme le vol se déroulait devant un public, des images prises au sol pourraient aussi éclairer les toutes dernières secondes avant le crash.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte