3 min de lecture Attentats à Paris

Attentats à Paris : le point sur l'enquête un mois après

ÉCLAIRAGE - 13 novembre-13 décembre 2015 : un mois après les attaques qui ont fait 130 morts à Paris, Salah Abdeslam est toujours insaisissable.

Une policière se recueille devant le bar La Bonne Bière à Paris après les attentats
Une policière se recueille devant le bar La Bonne Bière à Paris après les attentats Crédit : ADRIEN MORLENT / AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune
et AFP

La France vivait dimanche 13 décembre au rythme du second tour des élections régionales, un mois jour pour jour après les attentats les plus meurtriers jamais commis sur son territoire : 130 morts dont 90 dans la salle de spectacle du Bataclan, et des centaines de blessés. Le souvenir est encore présent dans toutes les têtes. Depuis ce vendredi 13 novembre, une enquête aux ramifications internationales a permis l'identification de six assaillants mais le suspect-clé, Salah Abdeslam, reste insaisissable.

Salah Abdeslam toujours en fuite

Visé par un mandat d'arrêt international, ce Français de 26 ans né à Bruxelles, soupçonné d'avoir eu au moins un rôle-clé de logisticien, est toujours en fuite. Salah Abdeslam a loué des voitures et logements utilisés par les jihadistes et pourrait avoir acheté des composants destinés à la confection des ceintures explosives des assaillants. Les enquêteurs tentent de déterminer s'il a aussi convoyé les kamikazes du Stade de France et s'il était chargé d'une attaque dans le 18e arrondissement de Paris, évoquée dans la revendication du groupe jihadiste État islamique mais qui n'a jamais eu lieu.
Exfiltré par des amis vers la Belgique, sa trace a été perdue le 14 novembre après un banal contrôle routier près de la frontière franco-belge. A-t-il réussi à gagner la Syrie ? Aucun élément ne vient étayer cette hypothèse à ce stade de l'enquête. Se cache-t-il en Europe ? Bien que fiché comme "radicalisé" en Belgique, Abdeslam a multiplié les voyages avant les attentats. Repéré notamment aux Pays-Bas, en Grèce, en Autriche et en Hongrie, "il dispose probablement de relais dans plusieurs pays européens qui pourraient lui servir de base de repli", selon une source proche de l'enquête. Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain vu en compagnie d'Abdeslam deux jours avant les attentats, fait également l'objet d'un mandat d'arrêt international.  

Qui reste-t-il à identifier ?

Neuf assaillants du Stade de France, du Bataclan et de l'équipe qui a mitraillé bars et restaurants parisiens sont morts. Parmi eux, six ont été identifiés : cinq Français (Brahim Abdeslam, Bilal Hadfi, Samy Amimour, Omar Ismaïl Mostefaï et Foued Mohamed Aggad) et le jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, inspirateur de plusieurs attentats ou projets d'attaques en Europe. Reste à mettre un nom sur deux des trois kamikazes du Stade de France, venus de Syrie avec de faux passeports dans la masse des migrants affluant en Europe. Et sur un troisième homme, qui a probablement participé aux tueries contre les terrasses parisiennes avant de mourir, la semaine suivante, au côté d'Abaaoud et de sa cousine lors de l'assaut policier à Saint-Denis.

La traque des complices

Deux personnes ont été mises en examen en France, Jawad Bendaoud et Mohamed S., soupçonnés d'avoir fourni à Abaaoud le logement de repli de Saint-Denis. Mais ces délinquants sans envergure ne semblent pas inquiétés pour avoir préparé ou participé aux attaques. L'enquête a rapidement été élargie à la Belgique, où habitaient et d'où sont partis plusieurs assaillants. Huit hommes ont été inculpés et incarcérés : quatre sont suspectés d'avoir véhiculé Salah Abdeslam dans les heures qui ont suivi les tueries, deux d'avoir été en lien avec Bilal Hadfi, kamikaze du Stade de France, un autre a été repéré près d'une maison en Belgique qui aurait pu servir de planque, un dernier aurait notamment pu aider Abrini dans sa fuite. 
Le Belge Ahmad Dahmani, arrêté en Turquie, aurait, lui, pu participer aux repérages des cibles. Les enquêteurs recherchent aussi deux hommes contrôlés avec Abdeslam, en possession de faux papiers, le 9 septembre, à la frontière austro-hongroise. Après un mois d'enquête, 5.300 procès-verbaux, 3.000 scellés, des centaines d'auditions rien qu'en France, de nombreuses questions demeurent notamment sur le ou les commanditaires des attentats, sur celui qui a joué le rôle d'artificier et sur les failles des services européens. 

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