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Angers : hospitalisée pour des maux de ventre, elle ressort aveugle

La justice se penche sur le dossier d'une retraitée qui poursuit une clinique et deux de ses médecins, après que son opération de l'estomac a dégénéré.

Un bloc opératoire (illustration)
Un bloc opératoire (illustration)
Crédit : JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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La rédaction numérique de RTL

Depuis 9 ans, Reine Cailton vit un calvaire. Arrivée aux urgences d'une clinique d'Angers le 2 février 2006 pour des maux de ventre, cette retraitée de 63 ans en est ressortie aveugle. Le tribunal de grande instance d'Angers va enfin examiner le dossier ce mardi 5 mai. Le Parisien revient sur le cauchemar de cette Angevine.

Quand Reine Cailton, alors âgée de 54 ans, se présente à la clinique de l'Espérance à Angers (Maine-et-Loire) pour des douleurs au ventre, le 2 février 2006, le diagnostic est rapidement posé : elle souffre d'une occlusion intestinale. "Mais la retraitée, laissée sans surveillance plusieurs heures, n'est opérée que vingt-quatre heures plus tard, malgré des signaux très alarmants", explique Le Parisien

"Un retard qui conduira à des aggravations successives de son état, là encore mal estimées par les médecins (dont l'un se contentera de prescrire des traitements par téléphone), et finalement à un arrêt cardiaque. C'est à ce moment précis que ses nerfs optiques ont cessé d'être alimentés, ce qui l'a rendue aveugle", poursuit le quotidien.

Des expertises accablantes

Pour l'avocat de la retraitée, Me Nicolas Orhan, la responsabilité de la clinique, du chirurgien et de l'anesthésiste ne fait aucun doute. Il s'appuie sur plusieurs expertises médicales "accablantes", selon le quotidien. "La dernière, très sévère, liste une batterie de 'négligences fautives' : 'retard au traitement chirurgical', 'réanimation non conforme', 'décision inappropriée', 'prise en charge inadaptée'..."

Ma mère était une femme vive, brillante, apprêtée. Aujourd'hui, elle n'a plus goût à rien... Elle passe ses journées assise dans son fauteuil.

Jean-Pierre Cailton, fils de la plaignante
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Après l'opération de Reine, sa vie et celle de sa famille sont bouleversées. Quand, après six semaines de coma, elle comprend que sa vue ne reviendrait jamais, Reine sombre dans la dépression, comme son mari. Tous deux font des séjours en psychiatrie. "Ma mère était une femme vive, brillante, apprêtée. Aujourd'hui, elle n'a plus goût à rien... Elle passe ses journées assise dans son fauteuil. Elle ne se plaint jamais, mais je sais qu'elle souffre", confie son fils Jean-Pierre au Parisien.

Placée par ses enfants

"Quand ma mère me dit : 'Je ne verrai jamais grandir mes petits-enfants', cela fait très mal. Elle a aujourd'hui le visage de quelqu'un de 90 ans. Tout est difficile. En fait, c'est comme si ce n'était pas ma mère, mais quelqu'un d'autre", se désole Jean-Pierre Cailton. 

Avec sa sœur, ils ont dû se résoudre à faire placer leurs parents, tous les deux handicapés. "Mon père, qui est sourd de naissance, enlève son appareillage la nuit, explique Jean-Pierre Cailton au journal. Une fois, ma mère est tombée, et il ne l'entendait pas..."

Reine réclame aujourd'hui 2 millions d'euros d'indemnisation. "Depuis 9 ans que cela dure, la famille n'a perçu aucune aide financière, les médecins persistant à dire qu'ils n'ont fait aucune faute", explique Me Orhan. Rien ne semble évoluer : "Aucune indemnisation, aucune reconnaissance d'erreur, pas d'excuse, même pas de compassion", déplore la fille de la victime, Isabelle Cailton sur BFMTV.

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