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Affaire Yvette Julien : comment le neveu de cette vieille dame a commis "le crime presque parfait"

PODCAST - Le 24 juillet 2012, Yvette Julien est retrouvée inanimée chez elle, gisant dans une mare de sang. La vieille dame est pourtant vivante et sort du coma au bout de quelques semaines. Mais qui a voulu la tuer ? "Enquêtes criminelles" remonte le fil de cette affaire.

La salle de la cour d'Assises d'Angers dans le Maine-et-Loire.

Crédit : FRANK PERRY / AFP

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Virginie Henaff

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24 juillet 2012. Le corps d’Yvette est découvert à son domicile par son infirmière. La vieille dame de 90 ans git inanimée sur le sol de la cuisine. Elle est marquée de coups et baigne dans son propre sang. Même si Yvette s’en sort miraculeusement après plusieurs mois de coma. De toute évidence quelqu’un a voulu la tuer, mais qui ? 

La vieille dame n'avait pas de contentieux connu, elle menait une vie paisible. Dans la maison, aucune effraction, mais une mise en scène de cambriolage. Pourtant, rien n'a été volé... à part son collier d'alerte, qu'elle peut activer en cas de chute. "C'est un élément qui va être tout à fait particulier puisqu'en fait, ce collier-là, elle ne s'en débarrasse jamais", note l'adjudant Touchet en charge de l'enquête dans Enquêtes criminelles.

Ce sont finalement des spécialistes en criminologie qui déterminent un scénario et un auteur possible. Pour eux ce ne peut-être qu’un individu de l’entourage familier, le propre neveu de la victime : un certain Maurice Boiteux. D'autant plus que l'homme a un mobile : criblé de dettes, il est le seul héritier d'Yvette Julien.

Une préméditation presque parfaite

Arrêté neuf mois après les faits, Maurice Boiteux va avouer son crime. Pourtant, comme il le raconte, il avait tout préparé... jusqu'à demander à un de ses anciens employés de le couvrir en lui fournissant un alibi. Malik - c'est son nom - devait raconter aux gendarmes qu'il l'avait croisé à vélo l'après-midi des faits, chez lui dans les Vosges. Impossible alors  pour Maurice Boiteux de s'être rendu dans le Maine-et-Loire. Finalement Malik confiera avoir menti.

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Le reste, c'est Maurice Boiteux lui-même qui le raconte. Pour parcourir les 1.200 kilomètres aller-retour qui séparent son domicile de celui de sa tante sans être repéré, l'homme a d'abord choisi de laisser son téléphone chez lui et de ne pas activer son GPS. Il maquille aussi sa plaque d'immatriculation tout au long de son parcours.

"Il a prévu du sparadrap noir pour modifier certaines lettres de sa plaque d'immatriculation, qu'il va modifier avant chaque péage et après chaque péage", explique l'adjudant Touchet. Il ne peut ainsi pas être repéré par les caméras.

Quant au carburant, hors de question d'utiliser sa carte bancaire. "Il a prévu ce qu'il fallait en liquide pour payer l'aller et le retour, en carburant et en péage,", précise l'enquêteur. Arrivé sur place, il se déguise en joggeur avant d'entrer chez sa tante, déterminée à la tuer. Un crime "presque parfait" qui lui vaut d'être condamné en 2015 à 20 ans de réclusion criminelle. Yvette Julien, elle, est décédée deux ans après ce verdict à l'âge de 95 ans.

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