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15 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende : le rappeur Freeze Corleone condamné pour apologie du terrorisme à Nice

Dans une de ses chansons, Freeze Corleone semble s'identifier à l'auteur de l'attentat qui avait fait 86 morts et des centaines de blessés sur la Promenade des Anglais à Nice.

Freeze Corleone est l'auteur du titre polémique "Baton rouge".

Crédit : Capture d'écran YouTube

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Le rappeur Freeze Corleone a été condamné ce lundi 27 avril à Nice à 15 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour apologie du terrorisme dans une chanson suggérant une référence à l'attentat du 14 juillet 2016. 

L'affaire porte sur la chanson Haaland, un duo avec le rappeur allemand Luciano, où Freeze Corleone semble s'identifier à l'auteur de l'attentat qui avait fait 86 morts et des centaines de blessés sur la Promenade des Anglais à Nice. 

Même si le nom de l'avenue n'est jamais prononcé, il est suggéré par les rimes et le silence qui suit la phrase interrompue : "En défense j'suis Kalidou, t'es Lenglet. Burberry comme un grand-père anglais. J'arrive dans l'rap comme un camion qui bombarde à fond sur la...". 

"L'art peut et doit nous bousculer", avait reconnu lors de l'audience en février le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, avant de qualifier Freeze Corleone de "Dieudonné du rap français" en raison d'"un fond idéologique nauséabond et une volonté de provocation dans une logique mercantile". Il avait requis 18 mois de prison avec sursis. 

2.800 euros de dommages et intérêts

Issa Lorenzo Diakhaté - le vrai nom du rappeur de 33 ans - n'a jamais réagi : il a choisi le silence pendant l'enquête et n'est venu ni au procès ni au délibéré. Son avocat, Me Adrien Chartron, a annoncé qu'il ferait appel en dénonçant une décision "qui relève plus de l'autoritaire, du discrétionnaire que du droit" dans la mesure où la condamnation porte sur des mots qui n'ont pas été prononcés. 

Outre la prison avec sursis et l'amende, le rappeur a été condamné à verser 2.800 euros de dommages et intérêts à chacune des parties civiles et à une interdiction de venir dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans. 

"Je ne peux pas croire qu'on puisse glorifier leurs cauchemars"

Plusieurs victimes de l'attentat et associations de victimes s'étaient portées parties civiles pour dénoncer un usage commercial de leur souffrance et avaient amèrement regretté que le rappeur ne se soit pas présenté au procès, ne serait-ce que pour les écouter.  

"Je ne peux pas croire qu'on puisse glorifier leurs cauchemars", avait déclaré Hager ben Aouissi, présidente d'une association accompagnant les enfants victimes de l'attentat, aujourd'hui adolescents ou jeunes adultes, le public de Freeze Corleone. "Le terrorisme ne doit pas être une image de puissance, ça ne peut pas être une figure de style". 

Une première enquête en 2020 pour "provocation à la haine raciale"

Lâché par son label Universal Music après une première enquête en 2020 pour provocation à la haine raciale, finalement classée sans suite, Freeze Corleone a renoncé à se produire en concert depuis une cascade d'annulations préfectorales à la suite de l'ouverture de l'enquête niçoise début 2024. 

Mais internet reste un puissant vecteur d'influence et de revenus : l'album La menace fantôme, d'où est tirée le duo Haaland, a enregistré 5,2 millions d'écoutes sur Spotify dans les 24 heures après sa sortie, avait rappelé le procureur. 

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