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"Une menace particulièrement grave" : qui est Xenia Fedorova, accusée d'être une propagandiste du Kremlin et visée par un arrêté d'expulsion ?

Cette ancienne présidente de la chaîne Russia Today France, désormais chroniqueuse dans les médias de Vincent Bolloré, est visée par un arrêté ministériel qui réclame son expulsion. Elle est accusée de "porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État".

Xenia Fedorova photographiée le 12 avril 2025 à Paris.

Crédit : Xavier GALIANA / AFP

Qui est Xenia Fedorova, accusée d'être une propagandiste du Kremlin et visée par un arrêté d'expulsion ?

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Thomas Prouteau - édité par La rédaction numérique de RTL & AFP

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Elle est, selon le gouvernement, l'un des visages de la propagande russe en France. La chroniqueuse Xenia Fedorova, plébiscitée par les médias du giron de Vincent Bolloré, est visée par un arrêté d'expulsion émis lundi 27 juillet par la place Beauvau. Le document, cité par Libération, estime qu'elle "s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par" le Kremlin. Elle était depuis longtemps dans le collimateur du gouvernement, qui a donc décidé d'agir. 

Son nom commence à être connu en France en 2017, avec le lancement de l'antenne française de Russia Today - une télévision russe financée par le Kremlin. Xenia Fedorova en est nommée présidente. La chaîne ferme en 2023 après l'invasion de l'Ukraine, accusée par Bruxelles de diffuser les mensonges de Moscou. Fedorova devient alors chroniqueuse dans les médias de Vincent Bolloré, notamment CNews et le JD News

C'est là qu'elle tient régulièrement des propos qualifiés de "propagande" par le gouvernement, comme d'attribuer la responsabilité du conflit en Ukraine à l'Europe. "On sait maintenant, on sait aujourd'hui que c'est l'Occident qui a décidé de prolonger ces conflits", y affirme-t-elle notamment. Le 14 juillet, la chroniqueuse russe avait critiqué l'invitation de l'Ukraine à défiler sur les Champs-Elysées, estimant que la France aurait intérêt à se rapprocher de la Russie. C'est visiblement la goutte d'eau qui a entraîné l'arrêté d'expulsion.

Un discours "de désinformation et de déstabilisation"

"Son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État", et sa présence sur le territoire français "constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public", lit-on dans l'arrêté ministériel. "En déployant ses narratifs", la chroniqueuse "s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" dans le but "de déstabiliser l'ordre public" en France, est-il ajouté. Elle "contribue à la diffusion d'un discours de désinformation et de déstabilisation", "visant à manipuler l'opinion publique", "à saper la confiance des citoyens européens et en particulier des citoyens français en leurs institutions."

Une vive polémique avait été déclenchée fin mai après la révélation de la prolongation en 2024 pour dix ans du titre de séjour de la Russe âgée de 45 ans, et un article du Monde qui lui prêtait une influence grandissante sur le milliardaire conservateur. 

Un recours annoncé

Le gouvernement français et le président Emmanuel Macron ont qualifié Xenia Fedorova de "propagandiste" du Kremlin. Des eurodéputés du groupe centriste Renew ont demandé à l'Union européenne de prendre des sanctions à son égard, la décrivant comme une "propagandiste russe notoire", coupable, selon eux, de la diffusion de "narratifs grossièrement manipulatoires sur la guerre en Ukraine et à l'égard de l'UE". 

L'arrêté d'expulsion qui vise Xenia Fedorova est exécutoire. Sa carte de séjour lui a été retirée, elle est assignée à résidence et doit pointer chaque jour au commissariat, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. Elle ne peut donc plus travailler normalement. Mais rien n'indique qu'elle regagnera la Russie prochainement : cette dernière doit donner son accord, or Paris et Moscou ne se parlent quasiment plus. Par ailleurs, son avocat Emmanuel Piwnica annonce un recours : "Que le ministère de l'Intérieur ne soit pas d'accord avec ce que dit tel ou tel journaliste, ce n'est pas la première fois. Xenia Federova n'a jamais fait qu'exercer sa liberté d'expression. Il y a des opinions qui ont pu être exprimées, des informations sur des faits qui ont été données. Cette décision me paraît totalement excessive dans l'atteinte qu'elle porte à cette liberté d'expression."

Liberté d'expression contre propagande pro-russe, c'est le débat que va devoir trancher le tribunal administratif, puis le Conseil d'État. Ses employeurs, Canal+ et Lagardère, ont dénoncé dans un communiqué "une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression".  

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