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Tribunal pénal international : un ex-militaire croate se suicide avec du poison

L'ex-haut responsable des forces croates de Bosnie est décédé à l'hôpital après avoir bu du poison dans la salle d'audience du Tribunal pénal international.

Condamné, un ex-militaire Croate boit une fiole de poison lors du verdict
Condamné, un ex-militaire Croate boit une fiole de poison lors du verdict
Crédit : Robin van Lonkhuijsen / POOL / AFP
Martin Planques & AFP

"Je rejette votre verdict" a affirmé Slobodan Praljak lorsqu'il a entendu le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) confirmer sa condamnation à 20 ans de prison. L'homme de 72 ans a ensuite sorti une fiole et en a bu le contenu. Son avocat a indiqué qu'il s'agissait de poison.

L'ex-haut responsable des forces croates de Bosnie "est mort dans un hôpital de La Haye après avoir bu du poison" dans la salle d'audience du TPIY à La Haye, aux Pays-Bas, a annoncé l'agence officielle croate Hina. Le décès avait été annoncé par plusieurs médias croates, dont la chaîne privée N1 avant d'être confirmé par Hina, qui cite une source proche du condamné.

Slobodan Praljak, ingénieur devenu directeur de théâtre, n'était pas un militaire à l'origine, mais avec la guerre, il a gravi les échelons de l'armée croate. Il était haut responsable des forces armées de la république croate de Herceg-Bosna qui a combattu les Bosniaques en 1993-1994. 

Condamné pour "entreprise criminelle" usant de l'épuration ethnique

Avec cinq autres personnes, Slobodan Praljak assistait à l'audience en appel de leur condamnation pour leur rôle dans la guerre qu'ils ont livrée en 1993 et 1994 aux forces bosniaques. Ils avaient été reconnus coupables d'une "entreprise criminelle commune" pour imposer une domination croate, en usant de l'épuration ethnique dans les zones que leurs forces contrôlaient. L'image la plus symbolique de cette "guerre dans la guerre" fut la destruction en novembre 1993 du pont ottoman de Mostar. Le nom de Praljak est associé à cette destruction : "C'était juste un vieux pont", avait-il dit en 2004. 

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Pour de nombreux Croates, Slobodan Praljak reste un héros. Avant l'annonce de sa mort dans les médias croates, la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovicavait avait interrompu "en urgence" un voyage en Islande. À ses yeux, il incarnait la "vérité qu'il a sans relâche défendue après la guerre".  

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