2 min de lecture Syrie

Syrie : le dessinateur Najah Albukai dépeint les atrocités du régime Al-Assad

PORTRAIT - Professeur de dessin à Damas, Najah Albukai a été détenu à deux reprises et torturé par les forces du régime syrien pour avoir participé à des manifestations. "Libération" publie ses dessins glaçants.

Vue d'un quartier de Damas détruit par les bombes, le 8 janvier 2016
Vue d'un quartier de Damas détruit par les bombes, le 8 janvier 2016 Crédit : AFP / Abdulonam Eassa
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
Journaliste

Ses dessins de corps décharnés évoquent instinctivement le monde moyenâgeux ou les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale. C'est pourtant une guerre contemporaine, amorcée en 2011, que Najah Albukai croque depuis trois ans. Ce Syrien était professeur de dessin dans une université située à Damas. À partir de 2012, il a été fiché et emprisonné pour avoir participé à des manifestations. 

Aujourd'hui réfugié en France, il dépeint à travers son art la réalité des geôles du régime de Bachar Al-Assad, dans lesquelles il a séjourné un mois, puis 70 jours, avant d'être détenu dans un autre établissement, auprès de prisonniers de droits commun. De sa détention par les services de renseignement militaires syriens, il sauvera sa mémoire, intacte. Libération publie ses dessins et son témoignage ce lundi 13 août.

"Tapis volant" et "chaise allemande"

Najah Albukai passe d'abord un mois, en juillet 2012, au "centre 227", dans une cellule souterraine "de 5 mètres sur 3", relate Libération. Il y survit aux côtés de 70 codétenus, dont certains meurent de maladie, de torture ou encore d'étranglement, perpétré à mains nues par certains geôliers. Sa femme fait des pieds et des mains - et paye "quatre mois de son salaire" - pour obtenir sa libération. 

Après s'être caché tant bien que mal deux années durant, le professeur de dessin est à nouveau arrêté tandis qu'il essaie de rejoindre le Liban. En septembre 2014, Najah Albukai retrouve le "centre 227", dans une cellule un peu plus grande que la précédente, mais qu'il partage désormais avec 120 personnes.

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"Tapis volant" et "chaise allemande" - deux tortures aussi sommaires que barbares - y sont régulièrement pratiquées. Les survivants débarrassent eux-mêmes les corps, conduits ensuite dans des fosses communes dont la localisation n'est pas certaine.

Après 70 jours de détention, il sort de la prison d'Adra, où il a purgé la fin de sa peine avec des prisonniers de droit commun et cette fois sans torture. Nous sommes le 16 juillet 2015. Encore une fois, son épouse a payé - 18.000 euros - pour le faire sortir. En août 2015, sa demande d'asile politique en France est acceptée. 

Depuis la HLM de banlieue parisienne où il vit aujourd'hui avec sa femme et sa fille, Najah Albukai dessine et témoigne. Car à 4.000 kilomètres de là, la guerre continue et certains prisonniers n'ont pas échappé à la barbarie.

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