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Sahel : Macron promet "d'éradiquer le terrorisme", mais où en est la menace ?

ÉCLAIRAGE - Au lendemain d'une attaque terroriste contre des soldats français au Mali, le président français s'est rendu en Mauritanie pour le mini-sommet du G5 au Sahel. La menace est loin d'être écartée.

Emmanuel Macron à Nouakchott en Mauritanie lors de la réunion du G5 au Sahel lundi 2 juillet
Emmanuel Macron à Nouakchott en Mauritanie lors de la réunion du G5 au Sahel lundi 2 juillet Crédit : Ludovic Marin/AP/SIPA
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Quatre soldats français blessés à Gao, quatre morts et une vingtaine d'autres blessés côté civil. C'est le bilan toujours provisoire d'une attaque terroriste qui visait les forces françaises au Mali, le 1er juillet, revendiquée par Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique).

Des "militaires français de la force Barkhane (4.000 hommes, ndlr) sont tombés ce dimanche dans une embuscade tendue par des terroristes", selon une source militaire occidentale. Un attentat perpétré la veille de la visite d'Emmanuel Macron en Mauritanie, à l'occasion d'un mini-sommet du G5 au Sahel.

Pendant la conférence de presse qui suivait la réunion des dirigeants, lundi 2 juillet, le président français a exprimé son "souhait d'éradiquer dans toute la région le terrorisme" par "la coordination sécuritaire" entre la force conjointe des pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie), l'opération française Barkhane et la mission de l'ONU au Mali, la Minusma.

La région du Sahel (en vert)
La région du Sahel (en vert) Crédit : Thibault Mazoufre / RTLNet

Les entreprises et institutions françaises visées par al-Qaïda

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Toutefois, comme le montre l'attaque, la menace est loin d'être éradiquée. D'autant que selon Wassim Nasr, journaliste à France 24 et auteur de L'État islamique le fait accompli, "al-Qaïda a décidé de s'attaquer à toutes les entreprises et institutions occidentales, en particulier françaises". 

Dans un communiqué de la branche africaine d'al-Qaïda, l'organisation terroriste prévient les civils et leur conseille de rester éloigner de ces lieux. "On passe à une phase nouvelle par rapport aux appels classiques, on passe à un autre niveau qui devrait être pris au sérieux", poursuit le spécialiste, interrogé par RFI

Des groupes jihadistes bien implantés

En septembre dernier, Wassim Nasr attirait l'attention sur un message du chef d'al-Qaïda, al-Zawahiri, dans lequel il menaçait la France "d'Abidjan (Côte d'Ivoire) à Ouagadougou (Burkina Faso) jusqu'à l'Atlas et la Mauritanie". Ce qu'il notait comme "complètement nouveau".

Selon lui, aujourd’hui, il y a "quatre groupes qui se sont unis sous la bannière d'Aqmi" et le nom Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, qui se concentrent sur une "zone clef", celle dite des "trois frontières" (entre le Burkina Faso, le Niger et le Mali) "parce que la France et les forces gouvernementales ont tout fait pour essayer de les éparpiller" depuis les opérations de 2013 au nord-Mali. 

Mais depuis, ils ont réussi à se réunir et perpétrer des actions terroristes, comme à Ouagadougou en août puis en mars dernier et "arrivent à recruter au-delà du Sahel", selon le journaliste qui ajoute que la "capacité de recrutement va crescendo". Hormis al-Qaïda, l'État islamique est aussi implanté dans la région, plutôt au lac Tchad, représenté par deux groupes.

La lutte continue

Pour le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, l'attentat perpétré vendredi contre le QG de la force du G5 Sahel démontre qu'il "y a encore énormément de failles" dans la sécurité qui doivent être "corrigées". 

"Nous n'allons pas laisser le Mali aller à vau-l'eau, nous allons assumer nos responsabilités, a ajouté le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta lors du sommet. Face à la menace jihadiste, si la barrière du Sahel devait céder, les rives de la Méditerranée seraient débordées".

Ce combat est "militaire sur le court terme" mais "à long terme c'est le développement économique et social qui est essentiel car c'est sur le terreau de la pauvreté que se développe le terrorisme", a encore argumenté Mahamadou Issoufou, le président du Niger. 

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