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Royaume-Uni : les filtres anti-porno contraires à la législation européenne ?

Le gouvernement de David Cameron veut forcer les fournisseurs d'accès à Internet à bloquer par défaut l'accès aux sites de X, une mesure qui contreviendrait aux règles de l'UE.

Un homme consulte un site pornographique. (Illustration)
Un homme consulte un site pornographique. (Illustration)
Crédit : Mandy Cheng / AFP
Paul Guyonnet
Paul Guyonnet

Cela fait bientôt deux ans que le Premier ministre britannique David Cameron tente par tous les moyens de limiter voire d'interdire l'accès aux sites pornographiques. Depuis l'été 2013, le chef de file du parti conservateur cherche à mettre en place un système de filtres bloquant les contenus classés X dans le pays. 

Mise en place progressivement chez tous les FAI, les fournisseurs d'accès à Internet, cette protection est par exemple active pour les plus de 5 millions de clients de Sky Broadband, l'un des leaders du secteur outre-Manche. Pourtant, David Cameron veut aller encore plus loin, au risque de tendre de plus en plus vers une censure implacable

Son objectif est d'activer ces filtres par défaut chez tous les internautes britanniques. Concrètement, chaque FAI anglais posséderait un bloqueur, qui ne pourrait être désactivé que par une demande explicite de la part du client. Si les autorités de Londres affirment évidemment que le but est de protéger les enfants et de les prémunir contre l'exposition aux contenus explicites sur Internet, le projet pourrait se voir contrecarrer par Bruxelles. 

La neutralité du Net menacée

En effet, selon un document interne de l'Union européenne en date du 17 mai, qui est parvenu aux mains de la presse britannique et notamment du Sunday Times, Bruxelles verrait d'un mauvais œil la manœuvre anglaise. Engagée en faveur de la neutralité du Net, c'est-à-dire que les FAI et les États n'ont pas à donner de priorité ou à censurer certains sites web, l'UE considérerait le projet de Londres comme une menace à l'encontre de ce principe fondamental. 

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Pour l'Union, de tels filtres ne peuvent ainsi être mis en place que si l'internaute l'a préalablement accepté et qu'il conserve "une possibilité de retirer son accord à tout moment", en clair l'exact opposé de ce que vise David Cameron. Reste maintenant à savoir si le gouvernement britannique utilisera sa nouvelle majorité au Parlement pour faire passer le texte, quitte à aller au conflit avec Bruxelles. À l'heure actuelle, les Britanniques se voient demander s'ils ont des enfants quand il acquièrent un ordinateur ou smartphone et sont encouragés à installer le filtre s'ils répondent oui. Mais selon The Independent, ce choix ne serait fait que par une infime minorité.

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