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"Qu'ils oublient ! ": Daniel Ortega, le président du Nicaragua, acte la fin des élections dans son pays pour empêcher l'arrivée de l'opposition au pouvoir

Dimanche 19 juillet, Daniel Ortega, dont la présidence est contestée par la communauté internationale depuis près de vingt ans, a annoncé qu'il n'y aura plus d'élections au Nicaragua. L'objectif ? Museler encore plus l'opposition et l'empêcher d'arriver au pouvoir.

Daniel Ortega, le président du Nicaragua, lors du 47e anniversaire de la révolution sandiniste, le 19 juillet 2026

Crédit : AFP PHOTO / EL 19 DIGITAL / Cesar PEREZ

Justine Audollent & AFP

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La dérive autoritaire s'accentue au Nicaragua. Au pouvoir depuis les élections de 2007, contestées par la communauté internationale, Daniel Ortega a rejeté dimanche 19 juillet toute possibilité d'organiser des élections afin d'empêcher que l'opposition en exil ne puisse arriver au pouvoir. 

"Qu'ils oublient ! Ici, au Nicaragua, il n'y aura plus d'élections qui leur permettent d'essayer de s'emparer du pouvoir", a déclaré l'ancien guérilléro marxiste de 80 ans, en référence à ses opposants, lors d'un événement célébrant le 47e anniversaire de la révolution sandiniste. 

"Ils ne cessent de comploter... et de chercher des moyens de s'organiser en partis afin de remporter une supposée élection", a-t-il ajouté devant des milliers de partisans, accusant ses opposants d'être soutenus par les États-Unis. "L'histoire des partis installés par les Yankees [les Américains, ndlr] revenant au gouvernement est finie, pour toujours", a-t-il lancé. 

Une "réaffirmation de l'impunité"

L'opposition, dont la majorité est en exil, dénonce depuis des années des élections frauduleuses et des atteintes aux libertés individuelles. Daniel Ortega est accusé d'avoir fortement réprimé l'opposition pour se maintenir au pouvoir au Nicaragua. Selon l'ONU, la répression des manifestations en 2018 a causé la mort de plus de 300 personnes dans ce pays pauvre d'Amérique centrale.  

Les réactions de l'opposition aux annonces du président nicaraguayen ne se sont pas faites attendre. Le Colectivo Nicaragua Nunca Más, en exil au Costa Rica depuis 2019 et qui lutte pour la défense des droits humains dans le pays, a dénoncé un gouvernement qui prive la société civile de tous ses droits. 

"Le Front sandiniste est quasiment devenu un parti unique, sans réelle opposition au Nicaragua", a dénoncé Salvador Marenco, coordinateur de l'organisation, rapporte CNN. "Tout ça [les élections, ndlr] devrait faire partie du jeu démocratique, qui, au Nicaragua, n'existe plus car il n'y a plus d'État de droit. Ces déclarations ne viennent pas seulement de mettre à mort la possibilité d'élections en 2027, elles sont également une réaffirmation de l'impunité", a-t-il ajouté. 

Des élections législatives devaient se tenir en novembre prochain mais des changements dans la Constitution, effectués au début de l'année 2025, ont fait passer la durée du mandat présidentiel de cinq à six ans. En théorie, le scrutin devrait donc avoir lieu en novembre 2027. Des mouvements d'opposition en exil espèrent tout de même que la pression internationale puisse permettre une transition ou la tenue d'élections. 

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