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"Donald Trump fixe ses propres règles du jeu" : la Coupe du monde 2026 sera-t-elle l'une des plus politiques du XXIe siècle ?

La Coupe du monde 2026 débutera le 11 juin prochain aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Dans un contexte international mouvementé, ce Mondial sera empreint d'une teinture politique forte selon Kevin Veyssière, expert en géopolitique du sport.

Le président américain Donald Trump avec le trophée de la Coupe du monde et le patron de la Fifa Gianni Infantino dans le bureau ovale, le 22 août 2025.

Crédit : ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Kevin Veyssière, expert en géopolitique du sport : "La FIFA est très complaisante, en la personne de Gianni Infantino vis-à-vis de Donald Trump"

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Kevin Veyssière, expert en géopolitique du sport : "La FIFA est très complaisante, en la personne de Gianni Infantino vis-à-vis de Donald Trump"

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Thomas Sotto & Alexis Lalemant

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Moins d'une semaine avant le lancement du Mondial. La Coupe du monde de football 2026, organisée du 11 juin au 19 juillet, pourrait être l'une des plus importantes en termes de géopolitique depuis plusieurs éditions. La majorité des rencontres (près de 75% des matches) se déroulant aux États-Unis, plusieurs questions se posent restent en suspens quant à la politique menée par Donald Trump. 

La présence de l'Iran, nation qualifiée pour la Coupe du monde mais en conflit militaire avec l'armée américaine, cristallise notamment l'attention des observateurs géopolitiques, alors que les deux nations pourraient en théorie s'affronter lors des phases finales si leur parcours respectif les emmène jusqu'à ce stade de compétition. 

Pour Kévin Veyssière, expert en géopolitique du sport et auteur de Mondial 2026 (publié aux éditions Max Milo), la situation "prend en tout cas une tournure particulière" puisque si l'Iran est qualifié sportivement. "Ils n'ont pas de visa américain, et leurs trois matchs ont lieu... sur le sol américain", souligne-t-il dans un entretien à RTL ce vendredi 5 juin. L'équipe nationale iranienne doit rencontrer la Nouvelle-Zélande dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 juin prochain, à Los Angeles. Mais à l'heure actuelle, les joueurs n'ont reçu qu'un visa pour le Mexique, où leur camp de base a finalement été délocalisée. 

"Le camp d'entraînement était prévu aux États-Unis, mais les États-Unis ne veulent pas que les joueurs iraniens soient présents, en tout cas durant la durée du tournoi, sur le sol américain. Donc ça pose en tout cas question sur l'équité sportive de cette Coupe du monde, notamment pour l'équipe iranienne. Ils seront à 8 heures de bus aller-retour, donc vis-à-vis d'autres sélections, ils seront en tout cas désavantagés", analyse Kévin Veyssière.

"Un rôle d'ambassadeur"

Au-delà de l'aspect purement sportif, l'intérêt sera aussi de voir si les joueurs iraniens profiteront de l'instant pour faire un coup de force communicatif, lors du match contre la Nouvelle-Zélande, et "si les joueurs vont faire une action, notamment lors de la cérémonie de l'hymne".  

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"Les joueurs des équipes nationales ont quasiment un rôle d'ambassadeur, ils sont le visage du pays durant ce mois et demi de compétition. Et donc, leurs faits et gestes seront en tout cas scrutés, analysés, les faits positifs comme les faits négatifs, sur le terrain et en dehors du terrain. Et donc, finalement, il faudra faire en sorte que cette équipe - par son jeu, par ses déclarations - fasse passer un message peut-être plus positif ou change l'image du pays", explique encore le fondateur du média FC Geopolitics Studio. 

Parmi les autres questions restées en suspens, celle des pays placés sur la liste noire de Washington. Les supporters du Cap Vert, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et de Haïti sont effectivement interdits de territoire américain. Est-il alors possible de voir des scènes de la police de l'immigration, l'ICE, en train de réaliser des chasses aux individus en situation irrégulière, ressurgir durant le Mondial ? Difficile d'y répondre avant le début de la compétition, mais tout est possible, selon Kévin Veyssière. 

La FIFA est très "complaisante vis-à-vis de Donald Trump"

 Même si c'est la FIFA est derrière le Mondial, l'événement est organisé conjointement avec les États-Unis, le Mexique et le Canada. "C'est une co-organisation, explique Kévin Veyssière sur RTL. Dans les faits, vous avez 75% des matchs qui sont organisés par les États-Unis. Et surtout, on a une FIFA qui est très complaisante en la personne de Gianni Infantino vis-à-vis de Donald Trump."

"Gianni Infantino s'affiche beaucoup avec les responsables politiques qui portent cette Coupe du monde, poursuit l'expert. C'était déjà le cas en Russie en 2018 avec Vladimir Poutine, en 2022 au Qatar avec l'émir Tamim ben Hamad Al Thani. Gianni Infantino aime s'associer en tout cas aux puissants. Il ne le cache pas. Et de fait, il politise cette compétition puisqu'il s'affiche avec les puissants. Là, on a l'impression qu'il n'y a pas véritablement de règles. C'est Donald Trump qui propose ses propres règles et qui fixe ses règles du jeu. Et Gianni Infantino lui offre des cadeaux comme ce prix de la paix de la FIFA."

Coulisses diplomatiques

Cette Coupe du monde sera dans tous les cas l'un des "reflets de la politique internationale", d'après l'expert, avec des tensions liées à la situation géopolitique mais sans pour autant qu'il n'y ait d'appel au boycott comme c'était le cas au Qatar pour le Mondial 2022. Une compétition qui peut aussi être synonyme d'espoir, comme par exemple dans le cas de l'emprisonnement du journaliste français Christophe Gleizes, retenu en Algérie depuis près d'un an. 

"Durant ces compétitions sportives, que ce soit les Jeux Olympiques ou les Coupes du Monde, il y a toujours des coulisses diplomatiques où il y a des chefs d'État qui peuvent se rencontrer (...) dans les coulisses. Et après, effectivement, vous avez le poids symbolique d'une Coupe du monde. Ça peut être aussi parfois un bon moyen de symboliser une reprise diplomatique ou en tout cas la libération d'otages comme Christophe Gleizes", a finalement conclu l'auteur du livre Mondial 2026. 

Pour rappel, le journaliste français de 37 ans est emprisonné depuis bientôt un an en Algérie pour "apologie du terrorisme" et "possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national". Récemment, la procédure judiciaire à l'encontre de Christophe Gleizes a officiellement été clôturée en Algérie, laissant désormais la place à l'espoir d'une grâce présidentielle. 

La 23e édition de la Coupe du monde de football masculin se déroulera du 11 juin au 19 juillet. C'est la première à réunir 48 équipes. Elle sera à suivre sur RTL, M6 et M6+.

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