2 min de lecture Prise d'otages à Bamako

Prise d'otages à Bamako : ce qu'il faut savoir de la situation au Mali

ÉCLAIRAGE / INTERVIEW - Si les opérations Serval, puis Barkhane, ont freiné la progression des factions rebelles et extrémistes, la situation au Mali est loin d'être apaisée, comme en témoigne la prise d'otages à l'hôtel Radisson de Bamako ce vendredi 20 novembre.

Des soldats maliens à Bamako, au Mali, en août 2015 (illustration)
Des soldats maliens à Bamako, au Mali, en août 2015 (illustration) Crédit : HABIBOU KOUYATE / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
Journaliste

"Ces derniers temps, Bamako était calme." L'ancien footballeur international malien Alou Bagayoko, aujourd'hui président d'une association de Maliens résidant en France, déplore que la capitale malienne, jusque-là relativement épargnée sur son sol, soit à son tour en proie aux violences. Malgré un retour au calme partiel dans le pays, dû notamment à l'intervention militaire française depuis janvier 2013, "le Mali est toujours sous tension", déplore Alou Bagayoko, contacté par RTL.fr.

"C'était devenu calme mais il continuait à y avoir des attaques sporadiques dans le nord du pays", explique Alou Bagayoko, lui-même originaire de Bamako et dont toute la famille y réside aujourd'hui encore.  "Ces attaques avaient lieu sur une région s'étalant de Kidal à Tessalit, décrit-il. D'après plusieurs experts, le pays doit faire face à un "pourrissement de sa situation politique". Si les frappes aériennes ont permis la destruction de nombreuses cibles et si l'opération Serval a été présentée par François Hollande comme une réussite, la concrétisation politique peine à se faire ressentir sur l'ensemble du territoire, malgré une certaine stabilité trouvée depuis le début de la présidence d'Ibrahim Boubacar Keita, en août 2013.

À celle-ci s'ajoute une situation crispée à laquelle que doit gérer le gouvernement, face à la rébellion touareg d'une part, et un camp djihadiste d'autre part, qui pourrait regrouper aujourd'hui plusieurs factions. Parmi elles, l'une des plus menaçantes : Al-Mourabitoun, filiale d'AQMI au Mali pilotée par Mokhtar Belmokhtar. "Ça n'a jamais été de tout repos, malgré l'accord de paix signé en juin". Le gouvernement malien avait en effet réussi à créer un rapprochement, en juin, avec la rébellion touareg. Depuis, malgré une forte présence étrangère, le nord du pays reste très mal contrôlé et les forces armées maliennes n'y sont pas les bienvenues.

Si la France ne reste pas, elle laissera ce genre de barbares installer leur doctrine

Alou Bagayoko
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"J'ai peur que ce soit lié aux événements de Paris, une sorte de tentacule qui s'en prenne aux intérêts français y compris à l'étranger", s'inquiète Alou Bagayoko, qui confirme que l'hôtel Radisson Blu est souvent "très fréquenté par la population européenne""Il y a notamment l'équipage d'Air France qui descend souvent là-bas", développe-t-il. Le chef d'Ansar Dine menaçait d'ailleurs récemment les ressortissants français au Mali. Pour lui cependant, la France doit maintenir son soutien sur place : "Si la France ne reste pas, elle laissera ce genre de barbares installer leur doctrine dans un pays qui est une ancienne colonie, qui est imprégné de la culture française, à cinq heures d'avion de la France".

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