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Pour sécuriser le détroit d'Ormuz, Trump veut enrôler ses alliés et la Chine... Le Japon et l'Australie disent déjà non

"Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux ne se produise là-bas", a déclaré le président américain.

Sanae Takaichi, Donald Trump et Anthony Albanese

Crédit : AFP / montage RTL.fr

AFP - édité par Aymeric Parthonnaud

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Donald Trump ne veut pas assurer la sécurité du très précieux détroit d'Ormuz tout seul. Le président américain fait pression sur ses alliés et sur la Chine pour qu'ils sécurisent le trafic d'hydrocarbures dans cette zone verrouillé par l'Iran, au moment où le Japon devient la première grande économie mondiale à puiser dans ses réserves stratégiques pour prévenir un choc pétrolier dans le cadre d'un effort concerté.

Dans une interview au Financial Times, il a accentué la pression sur ses alliés pour qu'ils envoient des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié et dont dépendent lourdement les économies asiatiques et européennes. "Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux ne se produise là-bas", a déclaré le président américain, qui avait plus tôt annoncé que la marine américaine commencerait "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit.

Donald Trump a prédit "des conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan" si les pays de l'alliance refusent d'obtempérer, et menacé de reporter un voyage en Chine prévu du 31 mars au 2 avril. 

Des "non" polis en guise de réponse

Les réponses qu'il a reçu jusqu'à présent sont peu empressées. Le ministre de la Défense du Japon, Shinjiro Koizumi, a fait savoir que son pays, tenu de renoncer pour toujours à la guerre par sa Constitution pacifiste de 1947, "n'envisageait pas" un tel déploiement. Toute opération de sécurité maritime serait "extrêmement difficile juridiquement", a estimé la Première ministre Sanae Takaichi.

"Nous n'enverrons pas de navire dans le détroit d'Ormuz", a également affirmé la ministre australienne des Transports, Catherine King. Le ministère des Affaires étrangères iranien a mis en garde les pays qui envisageraient de répondre à l'appel de Washington, les enjoignant de "s'abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit".

Les prix du pétrole, qui ont connu une flambée spectaculaire depuis le début de la guerre, montrent des signes de stabilité lundi autour de 100 dollars le baril. Dans ce contexte, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé la semaine dernière de débloquer collectivement 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. Une décision d'une ampleur sans précédent dans les 50 ans d'histoire de cette institution.

Lundi, le Japon, qui dépend du pétrole du Moyen-Orient pour 95% de ses importations, a confirmé commencer à puiser dans ses réserves qui sont parmi les plus importantes du monde, débloquant l'équivalent de 15 jours de consommation nationale. En décembre, les réserves stratégiques de pétrole japonaises représentaient 254 jours de consommation nationale. La guerre ne donne en attendant aucun signe de répit.

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