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Pédophilie, Terre Sainte, Pie XII... Tous azimuts, François répond à la presse dans l'avion

Le pape François n'a esquivé aucune question face aux journalistes lors de son voyage à bord de l'avion qui le ramenait de Jérusalem.

Le Pape François avant son départ pour la Jordanie (Archives)
Le Pape François avant son départ pour la Jordanie (Archives) Crédit : FILIPPO MONTEFORTE / AFP
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Le pape François s'est livré, dans l'avion qui le ramenait ce lundi de Jérusalem, à un tour d'horizon tous azimuts : il a assuré qu'il ne ferait pas de "médiation" entre Palestiniens et Israéliens, qu'il recevrait des victimes de prêtres pédophiles et qu'il entendait que "la réforme de l'Eglise continue".

A l'issue d'un voyage harassant à Amman, Bethléem et Jérusalem  François a répondu pendant 40 minutes de manière très détendue aux journalistes, alors que son porte-parole, le père Federico Lombardi, l'encourageait à épargner ses forces.

Les crimes pédophiles sont comme "une messe noire"

C'est la deuxième fois que le pape argentin, 77 ans, donnait une conférence de presse dans un avion, après celle du vol Rio-Rome en 2013. Le pape n'a rien esquivé. Les crimes pédophiles par des religieux sont comme "une messe noire" car les enfants "cherchent la sainteté" de Dieu en allant dans les églises, et "ces prêtres trahissent le Seigneur".

"Il y aura la semaine prochaine, le 6 ou 7 juin, une messe à Sainte Marthe (la résidence du Vatican où il habite, ndlr) avec six ou huit victimes, suivie d'une rencontre avec elles", a-t-il annoncé. "Trois évêques font l'objet d'enquêtes dont un a été déjà condamné", a-t-il révélé.

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Interrogé sur les scandales au Vatican, et notamment sur un transfert d'argent douteux de la banque IOR à un producteur de télévision, semble-t-il par l'entremise de l'ancien numéro deux de Benoît XVI, le cardinal Tarcisio Bertone, le pape a prudemment affirmé que "l'affaire n'est pas claire". "C'est en train d'être examiné. C'est peut-être vrai. Ce n'est pas définitif".

"C'est une rencontre au Vatican pour prier ensemble"

Revenant sur la démission historique de Benoît XVI en 2012, François s'est félicité que ce pape émérite, "une institution", "ait ouvert une porte" dans la pratique de la papauté. Un pape qui sent ses forces décliner doit pouvoir se poser la question", a-t-il ajouté, sans dire s'il pensait à lui pour plus tard.

Le pape a précisé aussi le sens de l'invitation qu'il a faite ce dimanche aux dirigeants israélien Shimon Peres et palestinien Mahmoud Abbas de venir "prier pour la paix" dans "sa maison" au Vatican. 

Ce n'est pas pour faire une médiation

Le pape François
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"C'est une rencontre au Vatican pour prier ensemble, ce n'est pas pour faire une médiation. Il ne s'agit pas de faire des discussions. Ensuite chacun rentrera chez soi", a-t-il expliqué.

"La réforme continue"

Evoquant la refonte du gouvernement central de l'Eglise, François a affirmé que "la réforme continue" et rencontre "les obstacles normaux de tels processus". "C'est chaque jour qu'il faut réformer l'Eglise". Il a mis l'accent sur le nouveau Secrétariat à l'Economie qui doit "travailler" de concert avec la Secrétairerie d'Etat.

Interrogé sur la question de l'autorisation de la communion pour les divorcés remariés, le pape a souligné que "cela ne lui avait pas plu" que tant de personnes, y compris de l'Eglise, se focalisent sur elle, alors que "l'affaire est plus ample : c'est la famille, qui a besoin de tant d'aide pastorale".

François s'est exprimé aussi pour la première fois sur la béatification du pape Pie XII, actuellement gelée, qui est accusé par des historiens de n'avoir pas assez élevé la voix contre l'extermination des juifs pendant la deuxième guerre mondiale. "La cause de béatification est ouverte. Je suis informé. Mais il n'y a pas eu de miracle, et on ne peut donc aller de l'avant. Un miracle est nécessaire", a-t-il insisté. Il a enfin confirmé son voyage au début de l'an prochain au Sri Lanka et aux Philippines, dans la région dévastée par le tsunami.

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