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Netanyahu presse la CPI de rejeter la demande d'adhésion palestinienne

Le Premier ministre israélien attend de la Cour pénale internationale qu'elle rejette la demande palestinienne car la Palestine "n'est pas un Etat".

Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 16 novembre 2014 (archives).
Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 16 novembre 2014 (archives).
Crédit : GALI TIBBON / POOL / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Benjamin Netanyahu a pressé jeudi la Cour pénale internationale (CPI) de rejeter la demande d'adhésion palestinienne car selon lui cette demande n'émane non pas d'un Etat, mais d'une "entité" liée selon lui à une organisation "terroriste".
"Nous attendons de la CPI qu'elle rejette la demande hypocrite faite par l'Autorité palestinienne, qui n'est pas un Etat, mais une entité liée à une organisation terroriste, le Hamas, auteur de crimes de guerre", a dit M. Netanyahu selon un communiqué publié par ses services.
Il s'exprimait après avoir réuni certains de ses collaborateurs au ministère de la Défense à Tel-Aviv pour discuter de la réponse à apporter à la demande d'adhésion à la CPI signée la veille par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
Exaspéré par le blocage complet de l'entreprise visant à créer un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël, Mahmoud Abbas a mis mercredi à exécution une menace brandie depuis des années en signant la demande d'adhésion à la CPI. La cour, qui siège à La Haye, a pour mission de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l'humanité ou crimes de guerre.

Une adhésion permettrait à la Palestine de poursuivre Israël

Une adhésion à cette cour est censée permettre aux Palestiniens d'engager des actions légales contre des dirigeants israéliens pour leur conduite des différentes guerres comme celle de juillet-août 2014 à Gaza, ou encore pour les agissements en tant qu'occupants.
Avec une telle demande, Mahmoud Abbas a tiré les conséquences de l'échec mardi de plusieurs mois d'efforts pour faire adopter par le Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution qui aurait donné trois ans aux Israéliens pour évacuer les territoires occupés.
Le texte palestinien a été rejeté par le Conseil de sécurité. La demande d'adhésion à la CPI ressemble à l'une des dernières cartes de M. Abbas. Après des mois de tensions, elle a comme prévu été perçue par les responsables israéliens comme une déclaration de guerre diplomatique.

L'Etat d'Israël est un Etat de droit, avec une armée morale, respectueuse des conventions internationales

Benjamin Netanyahu

"L'Etat d'Israël est un Etat de droit, avec une armée morale, respectueuse des conventions internationales, et nous protégerons nos soldats tout comme ils nous protègent", a prévenu le Premier ministre israélien.
L'escalade diplomatique de M. Abbas lui a aussi attiré une très vive réaction des Etat-Unis, principal allié d'Israël mais aussi important bailleur d'aide à l'Autorité palestinienne. Le département d'Etat a dit "s'opposer avec force" à une démarche "totalement contre-productive" qui non seulement "ne fait rien pour les aspirations du peuple palestinien", mais "alourdit sérieusement le climat" avec les Israéliens.
Les Etats-Unis s'opposent depuis toujours aux démarches unilatérales des Palestiniens devant les organisations internationales et défendent le principe de négociations directes israélo-palestiniennes pour résoudre le conflit.
M. Netanyahu semble, lui, vouloir mettre en doute la légitimité de l'Autorité palestinienne à s'en remettre à la CPI. Les Palestiniens en avaient déjà appelé à la CPI en 2009 pour qu'elle enquête sur les "crimes de guerre" d'Israël durant l'offensive "Plomb durci" contre Gaza (décembre 2008-janvier 2009).

Avec son statut d'Etat observateur à l'ONU, la Palestine peut saisir la CPI

Mais le procureur auprès de la CPI avait laissé à l'ONU le soin de déterminer si la Palestine était un Etat et donc habilité à requérir une enquête.
Depuis, la Palestine a été élevée au statut d'Etat observateur non membre à l'ONU en 2012, ouvrant la voie à une adhésion à la cour internationale.
D'éventuelles poursuites contre les dirigeants israéliens sont cependant sujettes à de multiples aléas. Et les Israéliens se sont empressés de souligner que des responsables palestiniens pourraient eux aussi être appelés à rendre des comptes.
Le Hamas, quant à lui, a salué comme un "pas dans la bonne direction" la demande d'adhésion à la CPI. La veille, le groupe islamiste qui contrôle de fait Gaza et dont les relations avec M. Abbas restent tendues, avait dénoncé "un échec supplémentaire des choix" faits par M. Abbas après le rejet du projet de résolution à l'ONU.

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