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Mondial 2022 au Qatar : l'entreprise française Vinci accusée de travail forcé

L'association de défense des crimes économiques, Sherpa, accuse l'entreprise française de BTP Vinci d'avoir recours au "travail forcé" et à la "servitude" au détriment des "migrants employés sur leur chantier au Qatar".

Lees conditions de travail sur les chantiers au Qatar fait couler beaucoup d'encre
Lees conditions de travail sur les chantiers au Qatar fait couler beaucoup d'encre Crédit : AFP
Marion Dubreuil
Marion Dubreuil
Journaliste RTL

L'ONG Sherpa a déposé une plainte, lundi 23 mars, contre le champion français du BTP Vinci pour "travail forcé" et "réduction en servitude" des migrants employés sur les chantiers du mondial au Qatar. Cette plainte vient conforter les soupçons sur les conditions de travail déplorables des chantiers du mondial 2022 qui ont émaillé la presse anglo-saxonne ces derniers mois. 

Sherpa accuse Vinci "d'esclavage moderne"

Sur son site, l'association de défense des crimes économiques dénonce des "conditions de travail inhumaines et dangereuses" et fait mention de "menaces diverses" utilisées par Vinci "pour contraindre une population vulnérable à des conditions de travail et d'hébergement indignes et à une rémunération dérisoires".

Les preuves dénoncent des conditions de travail inhumaines et dangereuses, en violation des lois internationales et même locales.

Sherpa
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Vinci "emploie directement et par le biais de nombreux sous-traitants de droit Qatari des milliers de travailleurs sur place", rapporte Sherpa qui dit avoir réuni "des éléments accablants sur les conditions de travail sur les chantiers" de QVDC (filiale de Vinci au Qatar). 

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Dans une interview accordée dans l'édition du mardi 24 mars du Parisien, la directrice de l'association Sherpa dénonce des faits "d'esclavage moderne" sur les chantiers de Vinci au Qatar. "Les migrants travaillent 66 heures par semaine sous une chaleur accablante. Leurs passeports sont confisqués, ils ne peuvent donc pas s'enfuir", rapporte-t-elle.

Vinci réfute les accusations de travail forcé

Le patron de la filiale qatarie de Vinci, Yannick Garillon, explique au quotidien francilien qu'il ne s'agit pas de confisquer les passeports mais "d'éviter que les ouvriers ne se fassent voler leurs papiers". Une situation qui, selon lui, aurait changé avec la construction d'un nouveau centre de vie pour les ouvriers. Le directeur général de QDVC affirme également respecter les durées maximum de travail ("60 heures hebdomadaire au Qatar", précise-t-il). 

Sur la question de la sécurité, Yannick Garillon avance des chiffres: "QDVC emploie 3.000 personnes, rappelle-t-il au Parisien. Nous n'avons pas eu d'accidents mortels depuis quatre ans", avant de reconnaître qu'il y a eu un décès "chez un sous-traitant, le 5 janvier". D'ailleurs, selon Le Parisien, QDVC a déjà dénoncé plusieurs contrats avec des sous-traitants, ce qui tend à confirmer la thèse de défaillances.

Un chantier pharaonique porté par des migrants du continent indien

Le Parisien qui a enquêté sur place livre également le témoignage édifiant d'un indien âgé de 40 ans employé sur l'un des chantiers de Vinci à Doha. "Je savais que c'était une entreprise française, confie-t-il. La France, pays des droits de l'homme, je me suis dit que les conditions seraient bonnes !" Seul hic, cet ouvrier est coincé au Qatar, dès son arrivée il a dû remettre son passeport à son employeur QDVC (une filiale de Vinci). Depuis, l'homme confirme avoir assisté à trois crises cardiaques parmi ses compagnons. 

Le mondial 2022 représente un chantier pharaonique pour le Qatar : transports, hôtels, stades. Et pour parvenir à accueillir le mondial dans de bonnes conditions en temps et en heure, le Qatar fait appel - pour 90% de la main d'oeuvre - à des travailleurs migrants du sous-continent indien. Et leur nombre va continuer de croître à mesure que l'échéance va se rapprocher. 

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2015-03-24 10:20:00
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