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Mexique : ce qu'il faut savoir de l'affaire des 43 étudiants disparus

Plus d'un mois après la disparition des 43 étudiants à Iguala, la tension ne cesse de monter au Mexique où les manifestations s'enchaînent.

Une manifestation à Guadalaraja le 22 octobre 2014 après l'enlèvement des 43 étudiants à Iguala
Une manifestation à Guadalaraja le 22 octobre 2014 après l'enlèvement des 43 étudiants à Iguala Crédit : HECTOR GUERRERO / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Les manifestations s'enchaînent depuis un mois dans l'État de Guerrero où la population réclame des comptes aux autorités. 

43 étudiants enlevés

43 tracteurs arborant les portraits des 43 étudiants disparus ont défilé
43 tracteurs arborant les portraits des 43 étudiants disparus ont défilé Crédit : OMAR TORRES / AFP

Le 26 septembre 2014, les élèves de l'école normale d'Ayotzinapa, proche de la capitale de l'État de Guerrero, ainsi que des dizaines d'étudiants se rendent à Iguala, pour une manifestation et une collecte de fonds. Alors qu'ils s'emparent de trois bus des transports publics, ils sont attaqués par les forces de l'ordre et des membres des Guerreros Unidos, un gang local.

Six étudiants perdent la vie dans cette attaque et 43 autres sont portés disparus. Il faudra cependant attendre plus d'une semaine avant que les autorités prennent le dossier en main. 

Des fosses communes découvertes

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Des dizaines d'étudiants massacrés au Mexique Durée : |

L'enlèvement des 43 étudiants marque le début d'une sordide histoire. Le 4 octobre, moins de dix jours après l'attaque à Iguala, une première fosse est découverte par les autorités mexicaines. 28 corps sont retrouvés et l'émotion grandie au Mexique, même si aucune trace d'ADN de ces jeunes n'a été retrouvée parmi ces corps. 

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Les forces fédérales mexicaines, l'armée et la gendarmerie prennent alors le contrôle d'Iguala. La police municipale est désarmée et une dizaine de fosses clandestines sont découvertes au total, certaines à Ocula au sud du lieu d'enlèvement.

La corrélation entre les autorités de Guerrero et le crime organisé se précise. Deux membres de Guerreros Unidos avouent avoir tué 17 des 43 étudiants disparus. 

Le maire d'Iguala et son épouse arrêtés

José Luis Abarca et son épouse Maria à Iguala au Mexique, le 3 juillet 2014.
José Luis Abarca et son épouse Maria à Iguala au Mexique, le 3 juillet 2014.

Selon les enquêteurs et les dires des deux membres du gang mexicain, le maire d'Iguala et son épouse sont au centre de cette affaire. José Luis Abarca et Maria de los Angeles Pineda auraient commandité les arrestations et le massacre des étudiants avant de prendre la fuite après l'attaque. 

Activement recherché, le couple est arrêté après un mois de cavale le 4 novembre à l'est de Mexico, dans une maison du quartier populaire d'Iztapalapa. Maria de los Angeles Pineda est alors présentée comme la principale protagoniste des activités criminelles de la ville d'Iguala et serait à la base de la fortune du couple qui détiendrait 17 propriétés et un centre commercial, selon la presse locale. 

Par ailleurs, le gouverneur de Guerrero a démissionné le 23 octobre. Angel Aguirre, issu du même parti politique que le maire d'Iguala (Parti de la révolution démocrate), a été entraîné dans cette crise politique à cause d'un manque de réaction notable après la disparition des 43 étudiants. 

Une opération de 14 heures

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Des suspects avouent avoir tué plus de 40 étudiants au Mexique Durée : |

L'affaire prend une dimension horrifique avec l'arrestation de nouveaux suspects présumés du gang Guerreros. Trois d'entre eux avouent avoir tués et brûlés plus de 40 étudiants disparus et donnent des détails sordides sur le déroulement des opérations. 

Les jeunes auraient été transportés dans des véhicules en direction de Cocula. Une quinzaine d'étudiants seraient morts sur le trajet, les autres ont été tués une fois sur place. Dès lors, les cadavres ont été aspergés d'essence et brûlés sur des bûchers de bois et de plastique. L'opération a duré 14 heures selon les aveux relatés par le ministre mexicain de la Justice, Jesus Murillo Karam : "Le feu a duré de minuit à 14 heures le lendemain. Les criminels n’ont pas pu manier les corps pendant trois heures en raison de la chaleur". 

Un scénario malgré tout contesté par les parents des victimes qui considèrent que les aveux des suspects n'ont pas valeur de preuves. 

De nombreuses manifestations

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Colère après la disparition d'étudiants au Mexique Durée : |

Rapidement après la disparition des 43 étudiants, de nombreuses manifestations ont vu le jour à Chilpancigo, capitale du Guerrero mais aussi dans différentes villes du Mexique dont Mexico. La colère gronde et les rassemblements s'intensifient au fur à mesure des jours. 

Mercredi 12 novembre, des centaines de professeurs et certains dissidents du syndicat national connus pour leurs actions radicales, ont commencé par saccager, puis ont mis le feu aux locaux du ministère de l'Education avant d'incendier le parlement de Guerrero.

Les manifestants reprennent le slogan "Ya me cansé" ("J'en ai marre" ou "Je suis fatigué"). Une référence au procureur qui avait prononcé cette phrase pour mettre fin à une conférence de presse. 

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