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Malaysia Airlines : le point sur l'enquête, trois mois après la disparition de l'avion

DÉCRYPTAGE - Près de 3 mois après la disparition du vol MH370, aucune trace tangible de l'appareil n'a été retrouvée. Les enquêteurs pensent désormais que les sons détectés en avril dernier ne provenaient pas des boîtes noires.

Des avions de la Malaysia Airlines, le 26 février 2007, à Kuala Lumpur. (archives)
Des avions de la Malaysia Airlines, le 26 février 2007, à Kuala Lumpur. (archives) Crédit : TENGKU BAHAR / AFP FILES / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Voilà trois mois que le vol MH370 de Malaysia Airlines a disparu. Les recherches n'ayant jusque-là rien donné, les enquêteurs envisagent désormais de nouvelles possibilités. Selon eux, la piste qu'ils ont suivie de prime abord ne serait pas la bonne : les sons captés en avril dernier ne proviendraient pas des boîtes noires de l'appareil.

Les sons provenaient-ils des boîtes noires ?

A partir de données satellite établissant que l'avion s'était abîmé dans le sud de l'océan Indien, au large des côtes occidentales de l'Australie, une sonde hydrophone avait été déployée. Début avril, elle avait détecté des sons émettant à des fréquences proches des balises de boîtes noires.

Ces détections dans la zone de crash présumée avaient été jugées "très encourageantes". Jeudi 29 mai, cependant, le vice-directeur des instruments maritimes au sein de la Navy américaine, Michael Dean, a attribué ces signaux acoustiques au bateau tractant la sonde ou aux "systèmes électroniques de la sonde".

Peu après, le Centre de coordination international des recherches (JACC), basé en Australie, annonçait qu'"aucune trace de débris d'avion n'a été trouvée par le véhicule sous-marin autonome". L'Agence australienne de sécurité des transports a conclu que "la zone (pouvait) être exclue comme étant l'endroit où le vol MH370 s'est abîmé".

Que sait-on de la trajectoire de l'avion ?

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Le 8 mars, le vol MH370 assurant la liaison Kuala Lumpur-Pékin décolle à 00H41 avec 239 personnes à son bord, dont 227 passagers. Il disparaît des écrans radars à 1H30. L'enquête a établi que l'avion avait mis le cap à l'Ouest alors qu'il était entre la Malaisie et le Vietnam, survolant ensuite la Malaisie, vers le détroit de Malacca puis l'océan Indien.

Selon des données fournies par satellite, le Boeing s'est abîmé dans le sud de l'océan Indien, très au large de la côte occidentale de l'Australie, à l'opposé de son plan de vol.

Comment les recherches vont-elles s'orienter?

Selon Scott Hamilton, patron de la société de conseil aéronautique Leeham Co., les enquêteurs vont devoir réévaluer toutes les données "de A à Z" pour tenter de corroborer ou infirmer leurs conclusions initiales. Les systèmes de communication de l'appareil semblent avoir été déconnectés en vol et les experts ont dû reconstituer sa trajectoire à partir des relevés satellitaires et radars.


"Soit ils valident leurs conclusions et réalisent que l'enregistreur d'émissions acoustiques se trompait alors que les données satellite étaient justes, soit ils décident que l'analyse des données satellite fournies par la société Inmarsat était fausse", estime Scott Hamilton.

Les recherches doivent-elles être suspendues?

Les experts jugent impératif de récupérer l'épave du Boeing pour déterminer les causes et les circonstances de sa disparition. "Il a fallu deux ans pour trouver (le vol d'Air France) AF 447 (dans l'Atlantique en 2009) et encore, ils avaient une idée de l'endroit où il fallait chercher. Je pense que cela prendra du temps, peut-être des années, avant qu'ils jettent l'éponge", déclare Scott Hamilton.

L'hypothèse terroriste est-elle crédible ?

Cette hypothèse a surgi au début de l'enquête lorsque les autorités malaisiennes ont révélé la présence sur le vol MH370 de deux passagers iraniens munis de passeports volés et indiqué par ailleurs que l'avion semblait avoir été délibérément dérouté.

Mais Interpol estime qu'ils n'étaient sans doute que des migrants cherchant à se rendre en Europe. La police malaisienne avait annoncé que tous les passagers avaient été "blanchis" par l'enquête.

Que sait-on des pilotes ?

La Malaisie affirme que l'avion n'a pu être dérouté que par un pilote expérimenté. Ses systèmes de communication semblent avoir été coupés à peu près au moment de sa disparition, opération nécessitant une bonne connaissance des instruments du cockpit.

L'attention s'est portée sur le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, et son copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans. Mais l'enquête n'a pas mis au jour d'anomalies dans l'existence des navigateurs et la piste semble froide. 

Le Boeing a-t-il connu le syndrôme de "l'avion fantôme" ?

L'expression désigne un avion dont le contrôle échappe pour diverses raisons à son équipage et qui, par exemple, continue de voler jusqu'à épuisement de ses réserves en carburant. Des cas d'"avions fantômes" sont survenus par le passé : en 2005 notamment, un avion de la compagnie grecque Helios Airways avait volé pendant quatre heures avant de s'écraser. 

L'enquête a déterminé qu'un défaut de pressurisation avait rendu les pilotes inconscients. Les 121 passagers et membres d'équipage avaient péri. Certains experts avancent l'hypothèse que les pilotes du vol MH370 aient pu être confrontés à des circonstances similaires et qu'ils aient voulu ramener l'avion à Kuala Lumpur avant d'en perdre le contrôle.

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