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"Lourde série" de bombardements, "attaque surprise"... Cinq mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, où en est-on de la situation entre Washington et l'Iran ?

Les Etats-Unis ont frappé l'Iran dans une "lourde série" de bombardements ayant causé la mort de trois membres des Gardiens de la Révolution. Ce jeudi toutefois, le Pakistan annonce des négociations en vue d'une désescalade.

Un avion de chasse F/A-18E Super Hornet de l'armée américaine, lors d'un décollage en mer le 28 juillet 2026.

Crédit : AFP PHOTO / US NAVY / NAVCENT PUBLIC AFFAIRS

Alexis Lalemant & AFP

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D'une "attaque surprise" iranienne à la riposte américaine, en passant par une attaque de drones en Egypte et plus récemment, l'annonce pakistanaise d'une reprise des discussions entre l'Iran et les Etats-Unis... La guerre au Moyen-Orient évolue à chaque heure depuis la reprise des tensions en début de semaine. Voici le point sur la situation. 

Des négociations en cours selon le Pakistan

Après un maigre espoir d'accalmie né d'une interruption des frappes américaines depuis vendredi 24 juillet, les bombardements des Etats-Unis ont repris au cours de la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 juillet en Iran. 

Au cours de ces frappes, d'après le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), "des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes" ont été touchées. Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine sur la province de Zanjan (nord-ouest), tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.


Par le biais de cette nouvelle intervention, les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés. Mercredi, Donald Trump avait promis "une raclée" aux Iraniens. 

Ces nouvelles invectives entre les deux camps n'ont toutefois pas empêché le Pakistan, ce jeudi 30 juillet en milieu de journée, d'affirmer que l'Iran et les Etats-Unis étaient en cours de discussions pour tenter d'apaiser ce regain de tensions. 

"Des négociations entre les parties sont en cours, en particulier concernant le détroit d'Ormuz et afin de parvenir à une désescalade", a indiqué la diplomatie pakistanaise, ajoutant faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Un drone cible un navire en Egypte, une première

En parallèle de ces pourparlers, le conflit continue de s'étendre au-delà des frontières iraniennes avec, pour la première fois depuis le début de la guerre, des répercussions directes sur l'Egypte. 

Une frappe de drone, la première contre son territoire depuis le début de la guerre, a causé mercredi 29 juillet un incendie sur des navires de stockage de gaz à Damiette, au bord de la Méditerranée. Tandis que l'origine de l'aéronef kamikaze reste pour le moment inconnue, l'un des bâtiments touchés par l'attaque est un navire américain de stockage et de regazéification, selon la société privée de sécurité Ambrey, basée au Royaume-Uni.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi 30 juillet avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé la base aérienne d'Al-Azraq, affirmant avoir visé des avions américains qui y étaient stationnés en représailles à la frappe à Qeshm.

Un navire qatarien traverse Ormuz

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite. "La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.

Toutefois selon franceinfo, citant l'agence Fars, un bâtiment qatarien transportant du gaz a traversé le détroit d'Ormuz avec l'autorisation de l'Iran ce jeudi 30 juillet. Une première depuis trois semaines, d'après nos confrères.

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