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La peinture s’abîme et les algues prolifèrent : le bassin cher à Donald Trump à Washington vire au vert, le président américain accuse des "vandales"

Chantier estimé à 14 millions de dollars, la rénovation du bassin du Lincoln Memorial vire au fiasco après des défauts de peinture et la prolifération d'algues qui rendent l'eau verte. Donald Trump évoque l'oeuvre de "saboteurs" et affirme que plusieurs arrestations ont eu lieu.

Le bassin du Lincoln Memorial à Washington, projet cher à Donald Trump, vire au vert en raison de la présence d'algues en juin 2026.

Crédit : CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

AFP - édité par Laurène Rocheteau

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Bleu-vert, écaillé et infesté par les algues : les déboires du miroir d'eau du Lincoln Memorial à Washington n'en finissent plus de plomber un projet cher à Donald Trump, qui a rejeté la faute samedi 20 juin sur de prétendus "vandales". Le président américain, qui a abondamment communiqué sur la rénovation de ce bassin emblématique de la capitale, s'est fait plus discret ces derniers jours, au moment où les problèmes de maîtrise d'ouvrage se sont multipliés. 

La peinture bleue apposée au fond du bassin (à grand frais) s'effrite. Quant à sa teinte "bleu drapeau", elle a favorisé l'apparition d'algues, qui ont rapidement proliféré. Des images publiées par le Washington Post montrent ainsi le bassin à quelques jours d'intervalle, passant ainsi du "bleu drapeau" à une teinte verdâtre

Ces couacs ont ravivé les critiques autour de ce chantier, estimé à environ 14 millions de dollars selon la presse américaine, et confié sans appel d'offres public à une entreprise ayant déjà travaillé sur un club de golf du président

Donald Trump accuse des "saboteurs"

Loin d'endosser la responsabilité de la situation, Donald Trump a incriminé samedi de prétendus "saboteurs". "La police des parcs nationaux a arrêté plusieurs individus pour avoir vandalisé le magnifique bassin réfléchissant de notre nation", a t-il écrit samedi soir sur son réseau Truth Social, avant de répéter quelques heures plus tard que "de nombreuses autres personnes" avaient été arrêtées. 

Le Service des parcs nationaux (NPS), qui s'occupe de la gestion de l'ouvrage, n'a cependant pas confirmé à l'AFP ces arrestations ni la nature des activités de "sabotage" évoquées par le président. Dans son long message, Donald Trump accuse ces "vandales" d'avoir utilisé "une sorte de couteau ou de lame" pour entailler le bassin sur "une longueur de 250 pieds" (environ 76 mètres) et d'y avoir déversé "des produits chimiques corrosifs et destructeurs", sans pour autant apporter les preuves pour soutenir ses accusations.                 

Le bassin doit être en partie vidé

Parmi les personnes interpellées figure David Hearn, ancien athlète olympique qui a représenté les États-Unis en canoë en 1992, 1996 et 2000. Il a raconté au Washington Post qu'il faisait une sortie à vélo lorsqu'il s'est arrêté au Lincoln Memorial pour observer les travaux de rénovation. "J'ai tendu la main et j'ai pu saisir l'extrémité de ce morceau qui pendait, ce morceau qui s'écaillait déjà. Il était encore attaché au fond. Je n'ai rien retiré", a t-il expliqué. L'homme de 67 ans affirme avoir ensuite été encerclé par deux militaires de la Garde nationale, puis arrêté par des agents de la police des parcs pour dégradation de bien public. 

Vendredi, des ouvriers ont été vus en train d'évacuer par pompage des fragments de peinture bleue ainsi que des algues vertes. Pour tenter de redonner au bassin une eau cristalline, le NPS avait indiqué avoir déversé du peroxyde d'hydrogène, tandis qu'un système d'ozone par nanobulles a été déployé ces derniers jours. Selon le magazine The Atlantic, qui a fait analyser des échantillons du bassin, ces traitements auraient paradoxalement favorisé la prolifération d'une autre espèce d'algues vertes, particulièrement agressive. 

Malgré les efforts du National Park Service, le bassin de 610 m de long doit désormais être "vidé d'une grande partie de son eau afin de procéder aux réparations nécessaires", a écrit Donald Trump. Un revers pour le président républicain qui affirmait encore en fin de semaine que "le problème serait bientôt résolu" et assurait début juin que les matériaux utilisés "pourraient durer cent ans ". 

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