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Japon : abdication, fille héritière ? Le débat s'ouvre sur la succession impériale

L'empereur Akihito a pris la parole lundi 8 août et a évoqué son avenir, sans jamais prononcer le terme "abdication". Une prise de parole qui devrait conduire à un débat national et peut-être à des changements radicaux dans la société japonaise.

L'empereur Akihito le 1er août 2016 à Tokyo (Japon).
L'empereur Akihito le 1er août 2016 à Tokyo (Japon). Crédit : Koji Sasahara/AP/SIPA
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

Le souverain japonais s'est adressé à son peuple, lundi 8 août. Un fait rarissime, qui ne s'était produit que trois fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'empereur Akihito qui règne depuis 27 ans, est apparu "en bonne santé" mais s'est alarmé de voir sa forme décliner progressivement. "Je m'inquiète de la difficulté à remplir mes fonctions en tant que symbole de l'Etat", a-t-il déclaré.

Pendant sa prise de parole d'une dizaine de minutes, l'empereur a ouvert la voie à un débat sur son abdication, sans jamais prononcer le terme. Prononcer ce mot aurait eu trait à la politique, qui est un terrain interdit par l'empereur par la Constitution nippone de 1946.

Selon un sondage de l'agence de presse Kyodo réalisé avant l'allocution du 125ème souverain japonais, près de 85 % des Japonais seraient pourtant favorables à son abdication, si tel était son souhait. Une demande implicite que le Premier ministre Shinzo Abe a d'ailleurs rapidement accueillie. "Nous recevons avec sérieux les mots de sa majesté l'empereur et nous devons y réfléchir profondément."

Vers une révolution sociétale ?

Mais le cœur du bouleversement ne réside pas en tant que tel dans la possibilité pour l'empereur d'abdiquer. Les gardiens de la tradition impériale craignent que ce changement ne fasse boule de neige et n'en entraîne d'autres. Dans le viseur de la frange la plus traditionnelle du pays du soleil levant ? La succession impériale.

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En l'état actuel de la législation, seuls les hommes peuvent accéder au trône. Dans l'immédiat, le "problème" d'une éventuelle succession féminine ne se pose pas, mais devrait se présenter d'ici quelques décennies. L'empereur Akihito a un fils, le prince héritier Nahurito, 56 ans. Nahurito est lui-même père d'une fille unique, la princesse Aïdo. 

Permettre  à une femme d'accéder au trône et de devenir impératrice s'assimilerait à une véritable révolution sociétale au Japon. Et l'allocution du 8 août de l'empereur Akihito, qui a ouvert une brèche dans le débat sur la Maison impériale, pourrait bien faire bouger les lignes et les mœurs. 

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