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Espagne : les ex-détenus de l'ETA demandent la libération de tous

Plusieurs dizaines d'ex-prisonniers de l'ETA ont manifesté pour réclamer la "libération" de tous les autres détenus du groupe indépendantiste armé dispersés dans des prisons espagnoles et françaises.

Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Plusieurs dizaines d'ex-prisonniers de l'ETA ont demandé samedi 4 janvier, lors d'un rassemblement sans précédent, la "libération" de tous les autres détenus du groupe indépendantiste armé dispersés dans des prisons espagnoles et françaises.

Dans un texte lu devant la presse à Durango, au Pays Basque espagnol, par un militant historique du groupe, "Kubati", libéré en novembre, les anciens prisonniers déclarent adhérer pleinement aux positions exprimées le 28 décembre par l'EPPK, le collectif rassemblant les détenus de l'ETA.

"Cette année 2014 doit marquer le changement de la politique pénitentiaire. Nous devons en finir avec la dispersion (des détenus). Nous devons rapatrier et libérer jusqu'au dernier d'entre eux", affirme le texte. "Nous acceptons toute notre responsabilité en ce qui concerne les conséquences du conflit", ajoutent les anciens prisonniers, exprimant leur "engagement total" avec "le nouveau panorama politique" créé par le rejet de la violence par la gauche indépendantiste basque, aujourd'hui deuxième force politique régionale.

"Kubati" condamné à 1.210 ans de prison

Environ 70 anciens prisonniers de l'ETA s'étaient rassemblés au Café Antzoki de Durango pour cette déclaration à la presse inédite. La plupart étaient des militants sortis de prison depuis le mois d'octobre, suite à une décision de la Cour européenne des droits de l'homme sur la "doctrine Parot", un système d'application des peines controversé en vigueur en Espagne depuis 2006, qui a contraint ce pays à libérer des dizaines de détenus.

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Parmi eux se trouvait "Kubati", José Antonio Lopez Ruiz, arrêté en 1987 et condamné à 1.210 ans de prison notamment pour l'assassinat en 1986 d'une ex-dirigeante de l'ETA repentie, Dolores Gonzalez Catarain, dite "Yoyes". La déclaration du collectif des prisonniers semble montrer un nouvel infléchissement de la position de l'ETA, qui avait annoncé le 20 octobre 2011 mettre fin définitivement à la violence mais refuse de se dissoudre.

L'ETA, dont les militants en liberté ne seraient plus que quelques dizaines, réclame notamment le rapprochement de ses prisonniers du Pays Basque et leur amnistie, avant d'envisager un désarmement. Les gouvernements espagnol et français réclament en revanche la dissolution sans conditions du groupe.

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