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Photo d'Iris menottée (à gauche), et lettre envoyée par Elias à sa famille (àdroite). Ces deux Français assurent avoir été piégés en Thaïlande.
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"Maman, ça va ? C'est Elias. J'ai trouvé un moyen de communiquer plus rapidement." Sur une feuille, Elias, un Français incarcéré à Hong Kong depuis près d'un mois maintenant, donne enfin des nouvelles à sa famille. Le courrier, écrit à la main, contient quelques ratures. Le jeune homme de 18 ans commence par s'excuser : "Je suis désolé, on m'a piégé. Je devais ramener des téléphones de Thaïlande. On m'a arrêté à l'escale à Hong Kong avec de la drogue dans la valise."
Comme le révélait RTL au début du mois d'août, treize Français ont été incarcérés en Thaïlande et à Hong Kong au cours de l'été après, disent-ils, avoir été piégés sur les réseaux sociaux. En échange d'un séjour tout frais payés, ils devaient repartir en Europe avec une valise pleine de téléphones. Sauf qu'en réalité, les valises étaient remplies de cannabis. Plusieurs jeunes ont été arrêtés par la douane thaïlandaise. D'autres se sont fait prendre lors de leur escale à Hong Kong.
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Leurs proches, inquiets, sont enfin parvenus à avoir des nouvelles. Au micro de RTL, deux familles racontent les conditions d'incarcération de ces jeunes adultes qui assurent être tombés dans un piège. Iris (son prénom a été modifié) en fait partie. Arrêtée à l'aéroport de Bangkok et incarcérée le 26 juin, elle a depuis fêté ses 19 ans dans la prison pour femmes de la capitale thaïlandaise.
Sa mère, qui souhaite rester anonyme, est autorisée à lui téléphoner par visio tous les lundis. Mais l'appel est très encadré. Un agent de prison surveille Iris constamment pendant les 15 minutes d'entretien dont elle a droit. Par écran interposé, elle raconte à sa mère dormir à même le sol dans une cellule avec 47 autres femmes, raconte la mère.
Un policier thaïlandais fouille les bagages personnels d’une Française piégée par le "plan Thaïlande" en août 2026.
Crédit : RTL
"Pour tout ce qui est salle de bain, c'est en plein air. Ses besoins, c'est devant tout le monde", précise-t-elle. "Elle m'a dit qu'elle est tombée malade", soupire la maman, qui évoque des conditions de vie "horribles".
Sur les 13 Français incarcérés, deux le sont à Hong Kong, un territoire semi-autonome contrôlé par la Chine. Après un mois sans avoir donné de nouvelles, Elias a enfin réussi à envoyer une lettre à son frère jumeau, Ali. Déménageur à Saint-Quentin, dans l'Aisne, il partage une cellule avec l'autre ressortissant français tombé dans le piège du "plan Thaïlande".
"La vérité, c'est dur, décrit Elias. On dirait les prisons mexicaines dans les films. On dort sur un lit en béton, sans matelas... On mange tous les jours la même chose. Tellement c'est dégueu, le premier jour, j'ai pas mangé."
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Les conditions d'incarcération dans ces deux pays asiatiques inquiètent tout particulièrement. Dans un rapport publié en mars, la Fédération internationale pour les droits humains pointait de "graves problèmes et des violations des droits humains" en Thaïlande, citant, entre autres, l'espace habitable, les sanctions, parfois assimilables à de la torture, ou encore l'approvisionnement insuffisant en eau. À Hong Kong, Amnesty International faisait état de traitements inhumains dans un communiqué émis en fin d'année dernière, évoquant des prisons "gangrenées par la violence".
Ni Iris, ni Elias ne font état de violences. Mais ils évoquent des conditions de vie déplorables. "Tout est sale, écrit Elias dans sa lettre. Des fois, la nuit, je me réveille et je vois des rats qui font la taille d'un chat."
En France, le ministère des Affaires étrangères français, par la voix de son porte-parole, a appelé les plus jeunes à la plus grande vigilance. "Il ne faut pas tomber dans le panneau, parce que vraiment, les risques ensuite encourus sont extrêmement importants", avertissait Glenn Salic sur RTL le 15 août. Le Quai d'Orsay assure suivre de près le cas de ces Français, dont plusieurs attendent de passer devant la justice.
Le sort des Français n'est pas encore fixé. Ils devront passer devant la justice thaïlandaise ou hongkongaise et encourent jusqu'à 8 et 10 ans de prison. "C'est très frustrant, en tant que frère jumeau, j'ai l'impression d'être en prison aussi", témoigne Ali, le frère d'Elias. Depuis sa cellule en Thaïlande, le jeune de 18 ans tente de rassurer sa maman, indiquant s'être fait un ami qui lui "donne tout ce dont [il a] besoin". Il signe avec tendresse : "Maman, je t'aime. Je te fais plein de bisous. Prends soin de toi."
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