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Centrafrique : quel bilan pour l'opération Sangaris ?

ÉCLAIRAGE - L'opération miliaire française prend fin après trois ans de déploiement en Centrafrique. "La page de l'opération Sangaris est tournée", a lancé Jean-Yves Le Drian, ce lundi 31 octobre.

Des soldats français de la force Sangaris à Bangui, le 15 janvier 2014
Des soldats français de la force Sangaris à Bangui, le 15 janvier 2014
Crédit : AFP / ERIC FEFERBERG
Claire Gaveau
Claire Gaveau

5 décembre 2016 - 31 octobre 2016. Après trois ans de déploiement en Centrafrique, l'opération Sangaris tire sa révérence. La France a officialisé la fin de l'opération militaire, laissant un pays dans l'angoisse, désormais sous la seule protection des Casques bleus des Nations unies, faute d'un État et d'une armée capables de résister aux groupes armés.

Et si Manuel Valls, au côté de Jean-Yves Le Drian, a assuré que la France "n'abandonnera jamais" la Centrafrique, la tension reste à son comble dans cette région africaine. Des affrontements entre groupes armés ont fait de nouveaux morts dimanche 30 octobre à Bangui en même temps que l'arrivée du ministre de la Défense.

"L'armée française sera certes moins visible mais elle sera présente, active et vigilante. Nous sommes fiers de l'opération Sangaris. Il est donc hors de question de laisser remettre en cause les acquis", a-t-il ajouté devant des élus centrafricains inquiets du regain de violence dans leur pays de 4,5 millions d'habitants, où tout est à reconstruire.

Jusqu'à 2.500 soldats français mobilisés, trois tués

L'opération Sangaris, du nom d'un petit papillon rouge, est lancée après le feu vert de l'Organisation des nations unies (ONU) et avec l'aval de l'Union africaine (UA). Les 1.200 militaires mobilisés ont pour mission de restaurer l'ordre et la sécurité, officiellement en appui d'une opération de la Misca. En réalité, ils sont en première ligne, celle-ci étant mal équipée, avec un commandement restant à mettre en place. 

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Au plus fort des tensions, jusqu'à 2.500 militaires ont été mobilisés en Centrafrique avant que ce nombre ne soit considérablement réduit ces derniers mois passant ainsi de 900 hommes en janvier à seulement 350 en juin dernier. Mais parallèlement, les Nations unies et l'Union africaine, avec la Minusca et la Misca, ont déployé plusieurs milliers d'hommes sur place et 12.500 Casques bleus étaient recensés sur place en juin.

Mais cette longue opération a aussi coûté la vie à trois soldats français : le caporal Antoine Le Quinio, le caporal Nicolas Vokaer et le caporal-chef Damien Dolet. Un bilan détaillé par Jean-Vincent Brisset, général de brigade aérienne à Atlantico : "Les forces françaises, dont 15.000 hommes sont passés sur le terrain, ont eu 3 morts et 120 blessés, mais un nombre très élevé de leurs membres (12%, contre 8% en Afghanistan), spectateurs de violences extrêmes, sont victimes de stress post traumatique", détaille-t-il.

L'affaire des abus sexuels

Le bilan demeure très mitigé en Centrafrique alors que Le Monde estime que cette opération a coûté un peu plus de 500 millions d'euros depuis fin 2013. "Dans les faits, cette mission d’interposition a vu ses plans contrariés depuis ses premiers jours. L’appréciation de la situation s’est révélée erronée (...) Le retour à un calme relatif a pris des mois, après une vague de massacres intercommunautaires", écrit le quotidien.

Mais l'opération Sangaris a surtout été pointée du doigt pour l'affaire de scandales d'abus sexuels, tout comme des Casques bleus de nombreux contingents. Ces derniers auraient eu lieu entre décembre 2013 et juin 2014 alors que les premières accusations contre les soldats français ont éclaté dans les pages du Guardian en avril 2015.

Des enquêtes judiciaires sont en cours à Paris sur ces accusations de viols, d'abus ou d'exploitation sexuelle, notamment sur mineurs, ou de sévices physiques. En avril 2016, les enquêteurs de l'Unicef auraient recueilli les témoignages d'une centaine de filles affirmant avoir été abusées sexuellement par des soldats des forces internationales.

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