3 min de lecture

"C'est censé être moi en tant que médecin" : le rétropédalage de Trump, qui supprime une image le représentant tel Jésus, face à l'indignation de la droite religieuse

Le président américain a supprimé lundi 13 avril une image le faisant passer pour Jésus sur son réseau Truth Social, face à l'indignation de la droite religieuse américaine, assurant qu'il s'agissait en fait de lui en médecin.

Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche lundi 6 avril 2026.

Crédit : Anna Moneymaker / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Rétropédalage. Donald Trump a retiré lundi 13 avril une image le représentant tel Jésus sur son réseau Truth Social, face à l'indignation de la droite religieuse américaine, assurant qu'il s'agissait en fait de lui en médecin. "Ce n'était pas une représentation. C'était moi. Je l'ai bien publiée, et je pensais que c'était moi", a réagi le président américain au sujet de cette illustration générée par intelligence artificielle publiée la veille.

"C'est censé être moi en tant que médecin, soignant les gens et je soigne les gens. Je les soigne beaucoup", a-t-il ajouté en évoquant la Croix-Rouge. L'image montre Donald Trump drapé d'une toge rouge et blanche avec un halo de lumière dans les mains et posant une paume sur le front d'un homme alité, entouré de personnes qui le regardent.

S'inspirant des codes de la peinture chrétienne, la scène comprend des attributs patriotiques américains comme des aigles, la bannière étoilée, un soldat en uniforme, un avion de combat ou la statue de la Liberté. L'image avait été publiée peu après un message virulent du président américain contre le pape Léon XIV, qui avait formulé samedi une sévère critique de la guerre en Iran. Lundi, Donald Trump en a remis une couche sur le pape américain, le qualifiant de "très faible".

Capture d'écran d'une image publiée par Donald Trump avec de l'IA, le 12 avril 2026.

Crédit : Truth Social (retirée depuis)

L'image n'a pas été du goût de plusieurs figures de la droite chrétienne, qui ont rapidement dénoncé une représentation "blasphématoire". "C'est plus qu'un blasphème. C'est un esprit antéchrist", s'est indignée sur X l'ex-élue trumpiste Marjorie Taylor Greene, en rupture avec le président.

À écouter aussi

"Trump s'en est pris au pape parce que ce dernier s'oppose, à juste titre, à la guerre menée par Trump en Iran. Puis il a publié une photo de lui-même comme s'il prenait la place de Jésus", a-t-elle poursuivi. "J'ignore si le président pensait faire de l'humour, s'il est sous l'influence de substances ou quelle autre explication il pourrait donner à cet outrageux blasphème. Il doit retirer ce message immédiatement", a également déclaré sur X Megan Basham, écrivaine et podcasteuse conservatrice, habituellement proche de Donald Trump.

Base électorale érodée ?

Trump a déjà utilisé des images religieuses dans ses publications : en mai avant le conclave ayant abouti à l'élection de Léon XIV, il avait publié sur sa plateforme un portrait de lui en tenue papale généré par l'intelligence artificielle, après avoir dit qu'il "aimerait être pape".

Selon Matthew Taylor, chercheur à l'université Georgetown et spécialiste du nationalisme chrétien, Donald Trump a embrassé la rhétorique religieuse avec encore plus de ferveur après sa tentative d'assassinat en juillet 2024. Le président septuagénaire - qui se dit chrétien mais ne prétend pas être particulièrement pratiquant - a bénéficié d'un soutien considérable de la part des chrétiens et évangéliques conservateurs lors de ses mandats.

"De nombreux sympathisants de droite s'opposaient déjà à la guerre en Iran, et un fossé se creusait au sein de sa base catholique, mais les dénonciations du pape Léon risquent d'éroder encore davantage cette base", tout comme la publication de cette image jugée blasphématoire, explique à l'AFP Matthew Taylor.

Historienne à l'université Calvin, un établissement chrétien, Kristin du Mez nuance toutefois le constat. Si elle affirme que les soutiens religieux de Donald Trump "prennent leurs distances avec ce qui relève clairement du blasphème", elle ne décèle pas pour autant "la moindre indication qu'ils cesseront de le soutenir", à quelques mois des midterms décisives pour le parti républicain.

Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance en a remis une couche sur le pape, exhortant le Vatican à "s'en tenir aux questions morales", après les tensions verbales avec Donald Trump. Il a appelé Léon XIV à "laisser le président des États-Unis se charger de définir la politique publique américaine", sur Fox News. Avant ses propos, Donald Trump a dit qu'il ne comptait pas présenter ses excuses au souverain pontife, qui a lui dit  "ne pas avoir peur, ni de l'administration Trump, ni de s'exprimer haut et fort sur le message de l'Évangile".

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info