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Billets d'avion hors de prix, rallier Oman par la route, entreprises privées... Comment les Français coincés au Moyen-Orient s'organisent pour rentrer

Vols complets ou inabordables, confinement dans leur hôtel, recours à des entreprises privées… Des touristes en vacances au Moyen-Orient racontent à RTL leurs galères pour tenter d'organiser leur rapatriement vers la France.

Des vols annulés vers Dubaï et Doha à l'aéroport de Francfort, ce lundi 2 mars 2026.

Crédit : Florian Wiegand / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

400.000 Français bloqués au Moyen-Orient : nous avons pu joindre Théo et Layal

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400.000 Français bloqués au Moyen-Orient : nous avons pu joindre Théo et Layal

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Hermine Le Clech & La rédaction numérique de RTL & Vincent Danilo

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400 000. C'est le nombre de ressortissants français bloqués dans 12 pays différents du Moyen-Orient annoncé ce lundi 2 mars 2026 par le Quai d'Orsay à cause de la guerre en Iran. Après la fermeture en cascade d'aéroports (Abu Dhabi, Amman, Tel Aviv…), le trafic aérien est quasiment à l'arrêt. Seuls quelques vols ont pu reprendre ce lundi depuis Dubaï.

RTL est entré en contact avec ces Français qui attendent désespérément de pouvoir rentrer chez eux. Il y a notamment Théo, qui n'avait pas prévu de passer ses vacances confinés dans un appartement avec 15 amis à lui. Arrivé la semaine dernière aux Émirats arabes unis, le jeune homme de 24 ans vit depuis trois jours au rythme des bombardements.

Des salves de missiles pendant des dizaines de minutes

"Ça a pété très fort, mais comme on n'a jamais entendu. Des salves de missiles sur des dizaines et des dizaines de minutes", se remémore-t-il à notre micro. Le propriétaire est venu les chercher pour les faire descendre au parking souterrain. "On est renfermés, mais on attend la prochaine bombe qui va péter au-dessus de nos têtes."
Dehors, c'est une ville fantôme qu'il décrit depuis sa fenêtre. J'ai vu sur la Marina qui est un quartier piéton. Il n'y a personne", commente-t-il, ajoutant que le manque de visibilité sur sa situation est "anxiogène". Théo n'a pas eu de réponse des autorités françaises pour le moment concernant un éventuel rapatriement. Le jeune homme compte donc rentrer à Paris par ses propres moyens, en se rendant d'abord à Oman, à quelques heures de route de Dubaï, où l'aéroport est encore ouvert.

Des vols qui coûtent jusqu'à 10.000 dollars

Partir par la route est solution inenvisageable pour cette touriste française. "Il n'y a pas de vols et s'il y en a, tout est complet", explique Laïa, enceinte d'un mois et demi et maman d'un petit garçon, auprès de RTL. Elle reste cloîtrée dans sa chambre d'hôtel près de l'aéroport de Beyrouth depuis lequel elle voit les drones voler au-dessus de la capitale libanaise, mais aussi le prix des billets d'avion s'envoler. 

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"Quand on peut aller jusqu'à 5.000 dollars, voire 6.000 ou 7.000, ça peut monter jusqu'à 10.000 dollars maintenant, donc c'est très cher", observe-t-elle pour RTL. 

Son fils Adam, deux ans et demi, ne comprend pas la situation mais ressent du stress. Laïa aussi a peur, notamment pour le bébé qu'elle porte. "C'est quand même traumatisant parce que ce qu'on voit là, c'est digne d'un film d'Hollywood", nous rapporte-t-elle. Pour le moment, aucune solution de rapatriement ne lui a été proposée jusqu'ici.

Des entreprises privées organisent l'évacuation

Une logistique colossale attend le Quai d'Orsay qui doit entrer en contact avec les 400.000 Français, recenser ceux qui veulent rentrer à Paris, affréter des vols en toute sécurité… Certains passent donc par des entreprises privées comme International SOS. Depuis samedi 28 février, la structure a reçu 400 demandes de conseils ou de rapatriements. 

"Ce sont des évacuations terrestres sécurisées", explique Christophe Suptil, le directeur stratégique de l'organisme auprès de RTL. International SOS a organisé des évacuations vers l'Arabie Saoudite, l'Égypte ou encore vers Oman. À la frontière, les postes sont complètement congestionnés. Il peut y avoir beaucoup d'attentes sur place.

"À partir du moment où on se déplace dans un contexte comme celui que l'on vit, on prend un certain nombre de risques", ajoute Christophe Suptil. Il y a des risques notamment de bombardements sur la route ou aux postes frontières. Depuis samedi, International SOS a pu organiser une dizaine de retours à Paris.

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