3 min de lecture

Avancées diplomatiques et récits contradictoires : ce que l'on sait des négociations entre Washington et Téhéran

Washington et Téhéran disent se rapprocher d’un accord, mais leurs versions divergent encore sur plusieurs points clés. Donald Trump évoque une décision imminente, tandis que l’Iran conteste une partie des annonces américaines, signe que les négociations restent fragiles.

Le président américain Donald Trump et le président du parlement iranien et chef de l'équipe de négocations iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Crédit : Montage RTL/AFP

AFP & Eléonore Aparicio

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Les discussions entre les États-Unis et l'Iran semblent entrer dans leur phase finale, ce vendredi 29 mai. Donald Trump affirme qu’il est sur le point d’arrêter sa décision sur un éventuel accord visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Mais le contenu exact d’un éventuel accord continue de faire l’objet d’interprétations divergentes, voire contradictoires.

Citées par l'agence de presse iranienne Fars, des sources iraniennes ont qualifié les déclarations du président américain de "mélange de vérité et de mensonge", elles assurent que plusieurs éléments avancés par le président américain ne figurent pas dans le texte actuellement discuté. Cette bataille de communication illustre le flou qui entoure encore les négociations, malgré des signes d’avancée sur plusieurs dossiers sensibles.

Trump évoque un accord imminent

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump a laissé entendre qu’un compromis avec Téhéran pourrait être proche. Selon lui, l’Iran devrait accepter de renoncer définitivement à toute capacité de produire une arme nucléaire. Le président américain a également affirmé que le futur accord prévoirait l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz et l’engagement iranien à participer au déminage de cette voie maritime stratégique.

Plus spectaculaire encore, Donald Trump a affirmé que l’uranium enrichi iranien serait récupéré avec la coopération de l’Iran et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avant d’être détruit.

À lire aussi

Le président américain a toutefois exclu, à ce stade, tout déblocage financier massif en faveur de Téhéran, assurant qu'"aucun échange d’argent" n’était prévu pour le moment.

La version iranienne contredit plusieurs points

Quelques heures après ces déclarations, des sources iraniennes citées par l’agence Fars ont contesté une partie du récit américain. Selon elles, aucune disposition concernant l’ouverture gratuite du détroit d’Ormuz ne figure dans le texte actuellement négocié. Elles affirment également que la destruction des matières nucléaires iraniennes n’est pas prévue dans l’accord.

Ces responsables insistent au contraire sur une exigence iranienne présentée comme prioritaire : le déblocage immédiat de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger. Selon ces sources, Téhéran refuse d’avancer vers une nouvelle phase des négociations tant que ce versement n’aura pas été effectué. Cette position contraste directement avec les déclarations de Donald Trump, qui affirme qu’aucun transfert financier n’est envisagé pour l’instant.

Au-delà du nucléaire, les discussions semblent également inclure des questions régionales. Selon les sources iraniennes citées par Fars, Téhéran continue notamment de réclamer un cessez-le-feu complet au Liban conforme aux exigences du Hezbollah. Elles avertissent que toute violation des engagements qui seraient pris pourrait entraîner des représailles. Ce point n’a pas été confirmé publiquement par les responsables américains, ce qui ajoute une nouvelle zone d’ombre aux négociations.

Des demandes contradictoires et incompatibles

Malgré les déclarations optimistes de Donald Trump et les multiples fuites relayées par les médias proches du pouvoir iranien, aucun projet d’accord complet n’a été rendu public.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a lui-même dénoncé ces derniers jours les "demandes excessives" et les "positions changeantes et contradictoires" des États-Unis, signe que les discussions restent difficiles.

À ce stade, une tendance se dessine : les deux parties reconnaissent l’existence d’avancées et la possibilité d’un compromis. Mais elles continuent de présenter des versions parfois incompatibles de ce qui aurait réellement été accepté.

Les prochains jours devraient permettre de déterminer si les discussions débouchent sur un accord formel ou si elles restent prisonnières des profondes divergences qui opposent encore Washington et Téhéran.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info