2 min de lecture Syrie

Alep : civils et rebelles attendent d'être évacués

Un cessez-le-feu a été conclu mardi sous la houlette de la Russie et de la Turquie pour mettre fin à quatre semaines d'offensive du régime. Les bus prévus pour les évacuations n'avaient encore emmené personne mercredi matin.

Des rebelles syriens à Alep, le 12 décembre 2016
Des rebelles syriens à Alep, le 12 décembre 2016 Crédit : STRINGER / AFP
Anne-Sophie Blot
Anne-Sophie Blot
et AFP

Après un cessez-le-feu conclu mardi sous la houlette de la Russie et de la Turquie, les rebelles et les civils qui le souhaitent attendaient d'être évacués des quartiers d'Alep est. Les évacuations qui devaient commencer mercredi à 5 h, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), n'avaient toujours pas commencé plus d'une demie heure plus tard, a constaté une journaliste de l'AFP sur place. Du côté gouvernemental, la journaliste a vu dans le quartier de Salaheddine, divisé entre régime et rebelles, une vingtaine de bus verts en attente sans voir de civils ou d'insurgés dans les parages.  

Six bus étaient brièvement entrés mardi soir dans le quartier avant d'en ressortir, vides. L'accord d'évacuation a été annoncé mardi par des groupes rebelles et confirmé par la Russie et la Turquie, parrains respectifs du régime de Bachar al-Assad et de l'opposition, après le tollé international suscité par les atrocités qui auraient été commises contre les civils dans les quartiers repris par l'armée. Le département d'État américain a précisé que Washington n'avait pas été consulté par Ankara et Moscou. "Même si c'est la fin du siège d'Alep, ce n'est pas la fin de la guerre en Syrie. Elle se poursuivra. L'opposition continuera à combattre", a déclaré son porte-parole John Kirby. 

L'ONU impuissante

En sortant, les civils et rebelles "choisiront de se rendre soit dans l'ouest de la province d'Alep ou vers la province d'Idleb (nord-ouest)", selon un responsable d'un influent groupe rebelle à Alep. Sur le terrain, les armes se sont tues depuis le milieu de l'après-midi de mardi, après quatre semaines de bombardements intenses sur les quartiers tenus par les insurgés dans la partie orientale d'Alep, selon une journaliste de l'AFP et l'OSDH.  "Alep est dans une situation d'urgence absolue: environ 100.000 personnes sont encore piégées sur un territoire de 5 km carrés", a déclaré la présidente de Médecins du Monde, Dr Françoise Sivignon, appelant à sauver les civils de cet "enfer". 

À New York, où une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU s'est tenue, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a confirmé un accord pour évacuer les rebelles d'Alep. Son homologue américaine à l'ONU Samantha Power a réclamé des "observateurs internationaux impartiaux" pour superviser l'évacuation des civils qui "ont peur d'être abattus dans la rue ou emmenés vers un des goulags d'Assad".

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La séance a donné lieu à des échanges très tendus entre les États-Unis et la Russie. De son côté, le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek a fait savoir sur Twitter que la Turquie allait "installer un camp de tentes pour accueillir jusqu'à 80.000 réfugiés syriens fuyant Alep", sans plus de détails. 

Plus de 500 civils tués en quatre semaines

Déjà plus de 130.000 civils ont fui les quartiers Est, selon l'OSDH. En quatre semaines, l'offensive a coûté la vie à plus de 463 civils à Alep-Est selon l'OSDH, tandis que 130 civils étaient tués par des tirs rebelles à Alep-Ouest. Les rebelles ont perdu la quasi-totalité de leur ancien bastion d'Alep-Est conquis en 2012 et sont désormais cantonnés surtout dans le grand quartier d'al-Machad. Une reprise totale d'Alep, enjeu majeur de la guerre qui dure depuis 2011, permettra au régime de contrôler les cinq plus grandes villes du pays, avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié. Un revirement rendu possible par le soutien crucial de Moscou, allié indéfectible du régime. 

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