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150.000 dollars, un compte américain, un proche de Trump : les zones d'ombre de l'exil de Flávio Bolsonaro

Flávio Bolsonaro a rejoint la Floride en jet privé après un passage par l'Argentine et l'Équateur, malgré l'annulation de ses passeports dans une enquête pour blanchiment d'argent. Le financement du vol, payé depuis un compte américain selon la compagnie aérienne, alimente les interrogations sur un possible soutien de proches de Donald Trump.

Flavio Bolsonaro descend d'un avion à son arrivée à l'aéroport Opa Locka Executive de Miami, en Floride, le 28 octobre 2026.

Crédit : Ricardo Arduengo / AFP

AFP

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La fuite de Flávio Bolsonaro vers les États-Unis continue de soulever de nombreuses questions. Le sénateur conservateur brésilien de 45 ans est arrivé mercredi en Floride avec sa famille à bord d'un jet privé, au terme d'un trajet passant par l'Argentine et l'Équateur, selon les éléments connus à ce stade.

Le patron de la compagnie aérienne argentine Baires Fly, qui a assuré le vol vers les États-Unis, a indiqué jeudi à l'AFP avoir été payé par un intermédiaire vivant aux États-Unis. Luis Grande affirme avoir reçu 150.000 dollars depuis le compte bancaire américain de l'entreprise de ce "broker", vers une banque argentine. Il dit connaître cet intermédiaire depuis dix ans, sans révéler son identité.


Selon le Wall Street Journal et le New York Times, l'appareil aurait été affrété par Jason Miller, conseiller de Donald Trump. La Maison-Blanche ne s'est pas exprimée sur ce point. Le dirigeant de Baires Fly assure, lui, ne pas connaître le client final de cet intermédiaire.

Un départ entouré d'incertitudes

Le parcours exact de Flávio Bolsonaro reste flou. D'après la direction argentine des migrations, il est entré mardi en Argentine par voie terrestre depuis la frontière brésilienne, avant d'embarquer quarante minutes plus tard à Puerto Iguazu, dans le nord-est du pays, à bord d'un avion privé.

Un haut responsable argentin a rejeté toute irrégularité. Diego Santilli, chef du cabinet des ministres, a assuré qu'il n'existait "aucun empêchement" à son passage et qu'il n'y avait "pas d'avis d'Interpol". On ignore en revanche comment le fils de Jair Bolsonaro a rejoint la zone frontalière depuis Brasilia.

Flávio Bolsonaro avait vu ses passeports annulés dans le cadre d'une enquête portant sur des soupçons de blanchiment d'argent. Après son arrivée près de Miami, il a dénoncé sur les réseaux sociaux une "fraude électorale", une accusation rejetée à la fois par son propre camp et par la justice électorale brésilienne. Il a aussi affirmé vouloir "diriger" l'opposition brésilienne depuis son exil.

Une affaire sensible entre Trump et Lula

Cette affaire intervient dans un contexte politique déjà tendu entre Donald Trump et Luiz Inacio Lula da Silva, vainqueur surprise de l'élection présidentielle du 25 octobre au Brésil. Le gouvernement brésilien n'a pas commenté publiquement les déclarations du président américain sur ce scrutin.

Jeudi, Donald Trump a jugé que cette élection était "une honte pour le peuple brésilien", tout en affirmant ne pas avoir "pris parti" pendant la campagne, à la demande de son homologue brésilien. La veille, il avait assuré qu'il ne "se mêlerait pas" de ce qui concerne Flávio Bolsonaro, évoquant aussi "une élection étrange".

À Brasilia, l'exécutif entend pour l'instant éviter l'escalade. Un conseiller de Lula a expliqué sous couvert d'anonymat que le Brésil privilégiait une réaction faite de "sobriété et pragmatisme". Selon cette source, les déclarations "ambiguës" de Donald Trump visent à protéger ses alliés sans compromettre les intérêts américains.

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