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Victoire de Syriza : la Grèce prend l'avantage sur Bruxelles

ÉDITO - Grâce à la montée du parti anti-austérité Syriza au pouvoir, la Grèce entend renégocier ses dettes avec l'Union européenne pour permettre à sa croissance de redécoller.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Victoire de Syriza : la Grèce prend l'avantage sur Bruxelles
03:02
François Lenglet

La victoire du parti de gauche Syriza va bien au-delà de ce qui était anticipé. C'est un coup de tonnerre dans la zone euro, puisque les électeurs ont dit "non" à la politique économique européenne.

C'est un coup de tonnerre bienvenu. Les problèmes du pays ne sont pas causés par Syriza. Au contraire, ce sont les problèmes qui amènent Syriza au pouvoir, après l'échec de la politique conduite et par la droite et par les socialistes.

Une politique qui a débouché sur une récession dramatique, comparable à celle qu'ont subie les États-Unis dans les années 1930, un effondrement des revenus et de l'emploi, une explosion de la dette, allégée une première fois il y a deux ans, et à nouveau à un niveau insoutenable, le tout alors que les partenaires de l'Europe lui ont prêté 240 milliards d'euros.
Le prétendu sauvetage grec restera dans les manuels d'économie comme le plus aberrant de l'histoire.

"Albert, on ne te rendra jamais ton argent !"

Ce nouveau gouvernement va tenter de renégocier avec Bruxelles pour annuler une part importante de sa dette et retrouver un peu d'air, afin de permettre à  la croissance de redémarrer. Mais Bruxelles et Berlin ont prévenu : pas question de renégocier cette dette.

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Nous allons vous raconter une histoire.  C'est un commerçant - appelons le Maurice - qui s'agite dans son lit, il n'arrive pas à dormir. Sa femme lui demande ce qu'il se passe. Il finit par lui avouer : "Tu sais, les affaires étaient mauvaises. J'ai dû emprunter 100.000 euros à Albert, qui habite juste en face. Je dois lui rendre cet argent demain, mais je n'ai pas le moindre picaillon. Je ne sais pas comment faire".

Sa femme, embêtée, réfléchit et lui dit : "J'ai une idée. Ne bouge pas, je vais arranger cela". Elle se lève, ouvre la fenêtre et crie : "Albert, ton argent, on ne te le rendra jamais !". Elle vient se recoucher et dit à son mari : "Tu vois, maintenant c'est lui qui ne dort pas".

C'est exactement ce que vient de faire la Grèce à l'Europe. Le rapport de forces avec Bruxelles et Berlin s'est inversé.

Difficultés d'argent immédiates

Les trois-quarts de la dette grecque sont désormais détenus par des États et des organismes internationaux (l'Europe, la Banque centrale, le FMI). Un allongement de la durée des prêts sur 20 ou 30 ans est donc tout à fait possible, avec une période de grâce sur les intérêts. Cela suffira à ce que tout le monde garde la face.

Sur ce point, un gouvernement Syriza pourrait réussir. Malheureusement, d'autres embûches plus sérieuses l'attendent. Il va se heurter à des difficultés d'argent immédiates : il n'y a plus rien dans les caisses. Il va donc falloir là aussi faire un compromis avec Bruxelles, ou bien sortir de l'euro pour imprimer des billets.

L'autre risque, c'est la santé des banques, si les Grecs retirent massivement leurs économies pour les transférer à  l'étranger, en cas de conflit avec Bruxelles qui s'envenimerait par exemple. Voilà déjà plusieurs jours que la Banque centrale européenne a mis en place une procédure d'urgence pour approvisionner les établissements d'Athènes en liquidité.

Car les épargnants et les investisseurs peuvent voter avec leurs pieds, et dans un sens assez différents de celui qui a été choisi par les électeurs.

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