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Transport : les routiers et les patrons se retrouvent autour d'un médiateur

REPLAY / ÉDITO - Après 15 jours de tension, les routiers et le patronat se retrouvent ce mardi au siège de la Direction Générale du Travail pour reprendre les négociations.

Transport : les routiers et les patrons se retrouvent autour d'un médiateur
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Transport : les routiers se retrouvent autour d'un médiateur
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Le principal, c'est vraiment de fumer le calumet de la paix avant que la multiplication des barrages ne pénalise l’ensemble de l’économie. On en est vraiment loin. D'un côté, Les chauffeurs sont déterminés à obtenir une hausse de salaire de 5%, un treizième mois et la suppression du jour de carence maladie.

De l'autre côté, les patrons (et particulièrement les PME) considèrent qu’aller au-delà de 1 à 2% pour les plus bas coefficients conduirait le secteur au fond du trou. Une augmentait de 5% c’est, selon eux, plus de délocalisations vers l’Est, ses camions neufs et ses chauffeurs qui coûtent 40% moins cher que leurs homologues français.

21.000 emplois perdus en quinze ans

Le secteur du transport routier est plus que chancelant. Il y a quinze ans, le pavillon français transportait 50% du marché européen. Aujourd'hui, il en contrôle péniblement 10%. Entre-temps, il a perdu 21.000 emplois.

Nos transporteurs ne sont pas compétitifs face à la concurrence des transporteurs de l’Est, du Portugal et de l’Espagne.

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Selon le Comité national routier, quand le coût à l’heure est de 100 en France, il est de 66 en Allemagne, de 45 en Espagne et de 34 en Pologne. Des écarts impossibles à combler : le coût global d’un chauffeur, c’est 35% de la facture client. Résultat : 40% des PME du secteur sont sur le fil du rasoir.

Il pourrait en être du transport routier français comme de la marine marchande : une activité fantôme

Christian Menanteau

Qu’est-ce qui justifie de telles différences ? D'abord, le temps de travail d’une part : 1.572 heures par an en France, contre 1.990 en Pologne et en Espagne. Ensuite, les charges sociales.

Enfin, les règles européennes. Un transporteur étranger qui livre en France peut réaliser sur son retour trois autres opérations aux conditions salariales et sociales du pays d’origine durant sept jours. Du coup, un routier polonais ou croate fait dix fois plus de kilomètres à l’international que son collègue français.

Pour enfoncer le clou, les grands transporteurs tricolores peuvent aussi utiliser des chauffeurs détachés ou, mieux encore, créer des filiales en Roumanie, en Croatie, en Hongrie ou en Pologne.

Trois conditions essentielles

Si on veut encore quelques routiers français d’ici dix ans, il semble impératif de prendre des mesures : 
1°/ Revoir les règles européennes sur le cabotage et le détachement des chauffeurs.
2°/ Rétablir en express et à grande échelle Ecomouv pour fiscaliser les sangsues du transport international. Par démagogie, on finance les transporteurs étrangers.
3°/ Imposer, comme le prépare Berlin, un salaire minimum pour tous les routiers étrangers qui circulent dans l’Hexagone.

Si ces trois conditions ne sont pas remplies, il en sera du transport routier comme il en a été de la marine marchande française : une activité fantôme.

La note du jour

14/20 à Alstom qui vient de décrocher le premier gros marché du futur Grand Paris Express. À terme, ce contrat pourrait dépasser 2 milliards. Bon rétablissement pour cette entreprise bien secouée en 2014.

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