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Toyota a un problème avec Daesh

REPLAY - ÉDITO - Le constructeur d'automobiles japonais est devenu, à son corps défendant, le fournisseur officiel de pick-up de l'État islamique.

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Toyota a un problème avec Daesh Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

C'est la chaîne ABC qui l'a révélé : le gouvernement américain demande des explications à Toyota parce que ses voitures sont massivement utilisés par Daesh. Il s'agit d'une voiture très particulière, un pick-up quatre roues motrices, le Hilux, qui est devenu la voiture officielle de l'État islamique. Sur toutes les vidéos de propagande, les terroristes apparaissent dans ces véhicules avec des armes. Isis possède une véritable flotte de Hilux en très bon état, voire quasi-neufs, transformés en véhicules de guerre, avec mitrailleuse montées à l'arrière. Ils sont devenu à la fois des armes très dangereuses, et aussi un emblème de leur guerre, avec la Kalachnikov.

Cela pose un double problème : de réputation d'abord, pour Toyota, et de contrôle des filières d'approvisionnement (c'est cela qui inquiète Washington).
Toyota ne livre pas les pays en guerre. Il n'y a plus de livraison en Syrie, par exemple. Et pourtant les voitures arrivent chez les terroristes. Parce qu'elles sont volées dans la région, aux ONG en particulier, qui sont aussi équipées de ces véhicules. Elles sont également volées en Occident. En Australie par exemple, où plus de 800 Hilux ont été dérobés cette année à Sydney. Elles sont dérobés probablement par des gangs, qui les mettent dans des conteneurs et les revendent au Moyen-Orient, ou par des apprentis jihadistes, qui sont de plus en plus nombreux en Australie aussi.
Selon le journal Challenges, il y a eu aussi des commandes tout à fait anormales auprès de concessionnaires français, en provenance de pays africains, qui pourraient n'être que des endroits de transit pour le Moyen-Orient. Toyota France aurait refusé ces commandes. Mais quid de l'époque où cela n'était pas suspect ? Et si aujourd'hui les commandes étaient réparties en lot plus petits ?

Le Hilux est la voiture des guérillas depuis trente ans.

François Lenglet
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Les jiahistes ont jeté leur dévolu sur cette voiture parce qu'elle est maniable et indestructible. Des journalistes de Top Gear, un magazine télévisé anglais, ont fait en 2006 une expérience. Ils ont acheté un Hilux avec 300.000 kilomètres au compteur. Ils l'ont précipité contre un arbre, fait tomber de trois mètres, immergé dans la mer pendant cinq heures, défoncé à coup de masse, et finalement installé au sommet d'un immeuble de vingt-neuf étages qu'on a détruit à l'explosif. À l'issue de tout cela, après quelques coups de marteau et de clé de 12, le Hilux marchait toujours. C'est la voiture des guérillas depuis trente ans. Au point qu'on appelé la guerre en la Lybie et le Tchad, dans les années 1980, la "guerre Toyota".

Toyota ne peut pas faire grand-chose, sinon contrôler les livraisons importantes, et les signaler aux autorités. C'est une situation très délicate, amplifiée par les vidéos de propagande qui arrosent la planète et associent la marque japonaise à des atrocités. Pour les clients de cette voiture, le risque est sinon d'être assimilés, du moins de se faire voler.

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Mais la réalité est là : dans une économie mondialisée, il est très difficile de contrôler la destination finale des produits.

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