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Taxer les héritages dès le premier euro pour renflouer les caisses de l'État, la proposition explosive de Marylise Léon

Marylise Léon relance le débat sur la fiscalité des successions. Invitée de RTL, ce mardi 25 août, la secrétaire générale de la CFDT a défendu une taxation dès le premier euro au nom de la justice sociale, une idée qui divise fortement les auditeurs de RTL.

Des pièces et billets (illustration)

Crédit : iSotck

L'INTÉGRALE - Les Auditeurs ont la parole du 25 août 2026

00:56:29

Jérémy Descours

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Le sujet est sensible et en fait bondir plus d'un. Pour renflouer les caisses de l'État, Marylise Léon propose de taxer les héritages dès le premier euro. Invitée ce mardi 25 août sur RTL, la secrétaire générale de la CFDT a défendu une mesure qu'elle présente comme une réponse à la fois budgétaire et sociale.

"Dès le premier euro de succession ou de donation, on est pour l'application d'un pourcentage d'imposition. C'est une mesure de justice sociale, c'est une mesure de justice fiscale également", a-t-elle expliqué au micro de Céline Landreau. La patronne de la CFDT rappelle aussi que cette idée n'est pas nouvelle dans son organisation. "La CFDT est une organisation démocratique. On en a débattu en congrès, il y a plus de quatre ans maintenant. La question, c'est : est-ce qu'on aura des responsables politiques qui auront le courage d'assumer ?"

Comment fonctionne l'héritage aujourd'hui ?

Aujourd'hui, les successions ne sont pas taxées dès le premier euro. Le système repose d'abord sur des abattements. Entre un parent et un enfant, par exemple, les 100.000 premiers euros transmis sont exonérés. Au-delà, un barème progressif s'applique. La tranche la plus basse est taxée à 5%, puis les taux augmentent progressivement, jusqu'à 20% autour de 550.000 euros, et jusqu'à 45% pour les transmissions les plus élevées.

La proposition de Marylise Léon consisterait à ajouter une contribution de 1% dès le premier euro, y compris pour les plus petits héritages. Concrètement, une succession de 5.000 euros donnerait lieu à 50 euros de taxation. Pour la CFDT, l'objectif est clair : éviter les stratégies d'optimisation fiscale, notamment via les donations, et augmenter les recettes de l'État. Le syndicat souligne qu'aujourd’hui, seuls 13% des héritages sont effectivement taxés.

Entendu en février 2022 par la commission des Finances du Sénat, le ministre de l'Economie d'alors, Bruno Le Maire, avait estimé que "les deux tiers des successions ne sont soumises à aucun droit de succession" et que cette fiscalité ne concerne ainsi qu'un "nombre très limité de Français".

La taxation de l'héritage figure au programme de Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire organisée par Place publique et le Parti socialiste, qui propose la création d'un "impôt sur les grandes successions".

"L'héritage est de l'argent qui tombe du ciel"

Cette proposition a vivement fait réagir les auditeurs de RTL, ce mardi midi, dans Les Auditeurs ont la parole. Et les avis sont très partagés. Dominique, dans le Rhône, soutient cette taxation dès le premier euro. Pour lui, "l'héritage est de l'argent qui tombe du ciel" et il peut donc contribuer à financer le modèle social. À l'antenne, il défend "la solidarité nationale", à condition que cet argent soit "traçable" et permette de financer "de meilleurs services publics" et "une bonne protection sociale". Il ajoute préférer ce modèle à un système où chacun devrait assumer seul ses dépenses de santé, comme aux  États-Unis.

À l'inverse, Cécile, vivant à Quimper, rejette totalement cette idée. "Un impôt dès le premier euro de succession ? Non mais je rêve", lance-t-elle. Selon elle, cet argent "a déjà été taxé, imposé tellement de fois avant d'arriver aux héritiers". Même colère chez Jean-François, à Juan-les-Pins, qui juge que c'est "une très mauvaise idée" et dénonce une nouvelle manière de "faire les fonds de tiroirs".

"Un illogisme mortel"

D'autres auditeurs adoptent une position plus nuancée. L'un d'eux reconnaît que, compte tenu de l'état des finances publiques, "on va bien être obligés" de contribuer davantage. Mais il refuse que cette contribution commence dès le premier euro. À ses yeux, il faut préserver les héritages moyens et demander un effort plus important aux très gros patrimoines.

Même réserve chez Marie, à Orléans, qui dénonce "un illogisme mortel". Elle s'interroge sur RTL : "Pourquoi travailler, pourquoi avoir une maison, si c'est pour qu'elle soit, dès le décès, taxée, alors qu'elle l'a déjà été tout au long de la vie ?"

Christine, dans le bassin d'Arcachon, raconte pour sa part une situation familiale concrète. Elle évoque son neveu de 18 ans, confronté à la mort brutale de son père. "Il a fallu payer la succession sur tout. Un gamin qui fait des études, il fait comment ?" demande-t-elle. Elle insiste aussi sur le fait que, dans sa famille, le patrimoine a été acquis "à la sueur du front".

Sur RTL, d'autres auditeurs ont également exprimé leur opposition. Frédéric, à Metz, estime que les parents et les grands-parents "ont déjà été taxés tout au cours de leur vie". À l'inverse, Joël juge qu'une taxation dès le premier euro n'a "rien de scandaleux", au regard de la solidarité dont chacun bénéficie, notamment à travers le remboursement des frais médicaux. 

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