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Pokémon : pourquoi certaines cartes peuvent attirer l’attention du fisc

Le marché des cartes Pokémon explose. Mais lorsque certaines sont revendues très cher, les gains peuvent intéresser le fisc.

Des cartes Pokémon à collectionner

Crédit : Frederic J. BROWN / AFP

Les collectionneurs de cartes Pokémon dans le viseur du fisc

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Les collectionneurs de cartes Pokémon dans le viseur du fisc

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Tom Lefevre

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Loin des simples échanges dans les cours de récréation, les cartes Pokémon sont devenues au fil des années de véritables objets de spéculation. Lancées en 1996, elles s’échangent désormais lors de ventes spécialisées ou sur des plateformes en ligne, parfois pour des montants impressionnants.

L’exemple le plus spectaculaire reste celui de la carte Pikachu Illustrator, imprimée à seulement 39 exemplaires en 1998. Elle a été vendue le mois dernier à près de 16,5 millions de dollars par un influenceur américain. En France aussi, certaines cartes atteignent des montants importants. En 2021, une carte Dracaufeu très rare a ainsi été vendue 11.904 euros lors d’une vente aux enchères à Troyes. Selon une enquête menée par eBay et YouGov en 2023, environ 8% des Français collectionnent des cartes Pokémon, soit près de 5,5 millions de personnes.

À partir de 5.000 euros, la fiscalité peut s’appliquer

Cette montée en valeur attire désormais l’attention de l’administration fiscale. En France, les cartes à collectionner comme les Pokémon ne sont généralement pas considérées comme des objets de collection au sens strict du droit fiscal. Elles sont donc traitées comme des biens meubles ordinaires. Concrètement, lorsqu’une carte est revendue moins de 5.000 euros, la vente est exonérée d’impôt. Mais au-delà de ce seuil, la plus-value réalisée peut être imposée à hauteur de 36,2%, ce qui correspond à l’impôt sur le revenu (19%) et aux prélèvements sociaux (17,2%). Dans certains cas particuliers, une carte présentant un intérêt historique ou ethnographique peut être examinée différemment par l’administration.

Des ventes parfois assimilées à une activité commerciale

Autre point surveillé par le fisc : la fréquence des ventes. Si un particulier revend régulièrement des cartes en réalisant des bénéfices, l’administration peut considérer qu’il s’agit d’une activité commerciale. Dans ce cas, les revenus doivent être déclarés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec un statut adapté comme celui de micro-entrepreneur. Pour les ventes occasionnelles supérieures à 5.000 euros, la plus-value doit être déclarée dans le mois suivant la transaction via un formulaire spécifique disponible sur le site des impôts.

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