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Limitation à 80 km/h : les arguments des partisans et des opposants

DÉCRYPTAGE - Le gouvernement doit décider d'ici cet été s'il expérimente l'abaissement de 10 km/h sur les routes secondaires. Une mesure qui est loin de faire consensus.

Un panneau de limitation à 90 km/h
Un panneau de limitation à 90 km/h
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Faut-il limiter la vitesse maximale sur les routes secondaires à 80 km/h au lieu de 90 km/h ? Le gouvernement doit trancher d'ici cet été. Depuis que Manuel Valls a annoncé son intention d'expérimenter la mesure dans quelques départements, le débat fait rage entre partisans et opposants. 

Loin de faire consensus, le sujet doit être soumis au vote de l'Assemblée plénière du Conseil national de la sécurité routière le 16 mai. Le gouvernement devra ensuite décider au début de l'été s'il suit ou non cette proposition.

Pour : cela permettrait de réduire le nombre de morts sur les routes

Pour les défenseurs de la mesure, l'argument est imparable. Abaisser la vitesse sur les routes secondaires permettrait de réduire le nombre de tués sur les routes. Selon les experts de la sécurité routière, cette limitation pourrait épargner 450 vies sur les routes. 

"Je reste convaincu que c'est en baissant davantage la vitesse sur les routes, et notamment sur les routes secondaires, que nous aurons une baisse de la mortalité", abondait Manuel Valls au mois de juin.

Pour : cela ferait baisser la pollution

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C'est l'autre point fort de la mesure selon ses défenseurs. Abaisser de 10 km/h la vitesse sur les routes secondaires aurait des vertus écologiques. Selon la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, cette proposition permet "une consommation moins grande de carburant et donc moins de pollution. Elle satisfait donc tout le monde, les défenseurs de l'environnement et ceux engagés pour la sécurité routière", indiquait-elle à TF1 au mois de juillet. 

"Au-dessus de 70 km/h, quand la vitesse passe de 90 à 80 km/h, on mesure une amélioration de la qualité de l'air jusqu'à -20% d'émission de polluants, particules fines et oxydes de carbone", indique au Parisien le chef du service qualité de l'air à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, Gilles Aymoz.

Contre : cela n'a plus d'impact aujourd'hui

À la tête de l'opposition à la mesure, le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes Pierre Chasseray a lancé une pétition et prévoit de nouvelles action pour éviter que des tests soient pratiqués dans des départements pilotes. Il n'en démord pas : "Qu'on baisse la vitesse ou pas, le nombre de morts baisse quand même. Les accidents diminuent car c'est le sens de l'histoire. Les véhicules et les routes sont plus sûrs. Qu'on arrête la taxation à outrance", s'emporte-t-il sur TF1.

Selon le militant, de nombreux exemples à l'étranger discréditent l'argument des autorités. "En Allemagne, la limite sur le réseau secondaire est de 100 km/h et ils ont 20% d'accidents en moins. En Angleterre, elle est de 97 km/h et il y a deux fois moins d'accidents de la route et de morts par habitant et par kilomètre qu'en France", assure-t-il.

Contre : pas la première cause de mortalité sur les routes

Pour les opposants à la proposition, le gouvernement ne regarde pas dans la bonne direction. "En France, l'alcool est mis en cause dans 20% des accidents, contre 7% en Angleterre", indique Pierre Chasseray au Parisien. Selon l'association Prévention routière, la conduite sous influence de l'alcool est à l'origine de 30.9% des tués sur les routes, devant la vitesse excessive, responsable d'au moins 25% des accidents mortels.

Sur les chiffres avancés par le CNSR, il considère qu'on "extrapole une formule mathématique qui date maintenant depuis plus de 40 ans, à l'époque où les véhicules étaient totalement différents et les routes aussi."

Contre : rouler moins vite peut signifier polluer plus

Quant à la défense de l'environnement, dans certains cas, "rouler moins vite peut signifier polluer plus", assure le chef du service qualité de l'air à l'Ademe. "Au-dessous de 70 km/h, abaisser la vitesse joue au détriment de la qualité de l'air"

Pour discréditer les arguments en faveur de l'abaissement de la vitesse autorisée, d'autres ont choisi l'ironie. "Réduire la vitesse de 10 km/h créerait 100.000 chômeurs de plus", a ainsi plaisanté Bernard Beauzamy, polytechnicien et PDG de la Société de calcul mathématique, au Sénat ce mardi, où étaient entendus plusieurs opposants à la mesure.

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