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Les "ultra-riches" quittent la Grande-Bretagne

REPLAY / ÉDITO - Les hyper-riches vivant à Londres s'inquiètent et se préparent même à s'exiler fiscalement.

Des journalistes ont eu accès à 11,5 millions de documents sur des sociétés offshore.
Des journalistes ont eu accès à 11,5 millions de documents sur des sociétés offshore.
Crédit : AFP / Archives, Adrian Dennis
Les "ultra-riches" quittent la Grande-Bretagne
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François Lenglet & Loïc Farge

Les maisons à vendre dans la rue la plus chère de Londres (c'est la rue Bolton, dans le quartier de Kensington) sont de plus en plus nombreuses. Elles seraient même quatre fois plus nombreuses que d'habitude, selon le Financial Times. Pour vous donner une idée, le prix moyen d'une vente dans cette rue est de 23 millions de livres (30 millions d'euros). À Londres, le nombre de ventes d'appartements dépassant 6,5 millions a chuté d'un tiers en 2015.

Si le marché immobilier du très haut de gamme pique ainsi du nez, c'est parce que les super-riches redoutent de perdre un régime de taxation très avantageux, ce qu'on appelle le "non-dom". Ce régime des non domiciliés leur permet d'échapper à l'impôt sur toute propriété et tout revenu en dehors du Royaume-Uni. Ils vendent donc leur maison pour aller s'installer ailleurs, sous des cieux fiscaux plus compréhensifs.

5.000 grandes fortunes concernées

Parmi ces super-riches, il y a Lakshmi Mittal, le propriétaire indien d'Arcelor Mittal, et Roman Abramovitch, milliardaire russe et propriétaire du club de foot de Chelsea. Mais il y a aussi des Britanniques qui héritent de ce statut, et d'autres qui l'obtiennent après avoir vécu à l'étranger, comme les patrons de grandes banques, HSBC ou la Barclays. Il y a en tout quelque 5.000 grandes fortunes concernées.

Des riches anglais qui s'exilent en France, ça serait vraiment le monde à l'envers

François Lenglet

C'est un statut qui date de 1799. Il était à l'origine destiné à protéger les fortunes des impôts lors des guerres. David Cameron, le premier ministre conservateur, veut l'aménager pour des raisons politiques. Depuis la crise, la sensibilité des électeurs est beaucoup plus forte sur les inégalités devant l'impôt. Ces inégalités permettent aux multinationales et aux grandes fortunes d'échapper à la taxation ou de la réduire considérablement. 

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En matière d'impôt, plus on est gros, moins on paye, proportionnellement. Du coup, il est question de faire payer les non domiciliés qui auraient plus de quinze ans de résidence à Londres, à partir de 2017.

Hong-Kong, Singapour, Monaco, la Suisse...

Ces grandes fortunes s'en vont dans les paradis fiscaux d'Asie, à Honk-Kong ou, mieux encore, à Singapour qui, lui, n'appartient pas à la Chine. La principauté de Monaco est en train de faire de la retape à Londres. Elle a organisé une réunion à l'Automobile club, toujours selon le Financial Times, pour expliquer son régime fiscal et faire la promotion de ses avantages climatiques et touristiques.

La Suisse est également l'une des destinations prisées par les grandes fortunes, grâce au régime du forfait, vieux lui aussi de près de deux siècles. Et - vous n'allez pas le croire - il y a aussi la France. Nous sommes évidemment l'un des pays où l'on paie le plus d'impôts au monde. Mais nous avons aussi nos régimes d'exceptions, par exemple celui des impatriés, qui garantit de solides exonérations pendant cinq ans. Des riches anglais qui s'exilent en France, ça serait vraiment le monde à l'envers. 

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